Imaginez en tant qu’utilisateur de Windows 11 que tout ce que vous avez fait au cours des trois derniers mois soit enregistré. C’est le genre de possibilités qu’offre la nouvelle fonctionnalité Microsoft Recall qui enregistre et maintient une chronologie des activités informatiques de l’utilisateur du système d’exploitation et lui permet de localiser instantanément le contenu sur lequel il a travaillé. Microsoft Recall effectue des captures d’écran à une certaine fréquence et les stocke sur l’appareil. Même si Microsoft se veut rassurant en matière de sécurité des données, les rapports qui contredisent le géant technologique se multiplient. Charlie Ross dresse sa liste de points qui fâchent avec la fonctionnalité Recall pour Windows 11 :- Les données sont accessibles au sein d’une base de données sauvegardée au sein du répertoire C:\Users\$USER\AppData\Local\CoreAIPlatform.00\UKP{GUID}.
- Des outils de consultation de cette base de données sont en cours de mise sur pied par des tiers et Total Recall sur GitHub en fait partie.
- Chaque PC devient une cible dans le cadre d'une procédure judiciaire. Les avocats peuvent citer à comparaître une base de données Recall et y effectuer des recherches, qui ne se limiteront plus au courrier électronique, mais qui permettront de rechercher des termes apparus dans les messages Teams, Slack ou Signal, et potentiellement à l'oral via Zoom ou Skype si la synthèse vocale est incluse dans les données Recall.
Une liste qui fait suite à celle du chercheur en sécurité – Kevin Beaumont :
- Des captures d’écran sont effectuées à une certaine fréquence. Celles-ci sont automatiquement analysées par Azure AI, qui fonctionne sur l’ordinateur, et enregistrées dans une base de données SQLite au sein du dossier utilisateur.
- Seul l’utilisateur d’un compte donné peut avoir accès à cette base de données, d’après Microsoft, mais les tests ont révélé qu’un utilisateur d’un autre compte sur le même PC peut y avoir accès. Il suffit pour cela que ce dernier accède depuis son compte au dossier CoreAIPlatform sous AppData.
- La base de données est accessible à distance et ce, sans que l’attaquant n’ait besoin de disposer de droits d’administrateur.
- Le niveau de compression de la base de données est tel que l’archive occupe un espace disque de l’ordre de centaines de kilooctets pour plusieurs jours de captures d’écran. Elle est donc extractible en quelques secondes par des tiers malveillants.
« J'ai automatisé l'exfiltration et créé un site web où l'on peut télécharger une base de données et y faire des recherches instantanées. Je garde délibérément les détails techniques pour moi jusqu'à ce que Microsoft livre la fonctionnalité, car je veux leur laisser le temps de faire quelque chose. En fait, j'ai tout un tas de choses à montrer et je pense que la cybercommunauté au sens large s'amusera beaucoup avec cette fonction lorsqu'elle sera disponible... mais je pense aussi que c'est vraiment triste, car il en résultera des dommages dans le monde réel », commente le chercheur en sécurité derrière ces révélations à propos de la fonctionnalité Recall sous Windows 11.
« Il s'agit simplement d'une base de données SQLite, dont les fonctionnalités seront disponibles dans quelques semaines. J’ai déjà développé un Infostealer qui cible cette dernière et je l’ai hébergé sur le Github de Microsoft (quelques lignes de code). Microsoft va délibérément faire reculer la cybersécurité d'une décennie et mettre en danger ses clients en donnant du pouvoir à des criminels de bas étage », ajoute-t-il.
Microsoft told media outlets a hacker cannot exfiltrate Copilot+ Recall activity remotely.
— Kevin Beaumont (@GossiTheDog) May 30, 2024
Reality: how do you think hackers will exfiltrate this plain text database of everything the user has ever viewed on their PC? Very easily, I have it automated.
HT detective pic.twitter.com/Njv2C9myxQ
Des explications qui confirment des risques auxquels les utilisateurs de Recall pour Windows 11 sont exposés
- Vous utilisez un ordinateur public : disons que vous faites des achats ou des opérations bancaires en ligne sur un ordinateur de la bibliothèque. Vous n'avez pas réalisé que Recall était actif. Cela permettrait à la personne qui utilise l'ordinateur après vous vient d'aller dans les archives de Recall pour récupérer toutes vos coordonnées bancaires, votre adresse et vos mots de passe. C'est comme remettre les clés de votre maison à un cambrioleur avant de lui dire que vous partez en vacances pour la semaine.
- Vous utilisez un ordinateur portable professionnel : Votre patron, votre équipe informatique et toute personne ayant accès à votre appareil pourront voir quel usage vous faites de l’appareil. Ils peuvent s'en servir pour suivre votre rendement au travail et même lire les messages privés que vous envoyez à d'autres personnes.
- Vous utilisez un PC familial : si vous utilisez l'ordinateur familial et que vous n'avez pas de profil protégé par un mot de passe, n'importe qui peut entrer et ouvrir votre historique de rappel. Si vous avez fait quelque chose de peu recommandable, cela va se voir, même si vous avez supprimé l'historique de vos recherches
- Vous êtes victime d'un piratage ou votre ordinateur portable est volé : si quelqu'un vole votre ordinateur portable et que vous ne disposez pas d'un mot de passe fort pour le verrouiller, un cybercriminel peut utiliser Microsoft Recall pour entrer en possession de vos données et informations personnelles.
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En effet, en parallèle au cas de la fonctionnalité...
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Que pensez-vous de cette annonce de Microsoft en lien avec les modifications apportées à Recall pour Windows 11 ? Quelles sont les attentes que vous avez à formuler à l’endroit de Microsoft pour ce qui est de Recall pour Windows 11 ?
