En octobre prochain, Microsoft franchira une étape décisive dans sa stratégie d’intégration de l’intelligence artificielle au cœur de la suite Microsoft 365. L’entreprise a annoncé que l’application Copilot serait installée automatiquement sur les ordinateurs des utilisateurs situés en dehors de l'Espace économique européen (EEE), qu’ils l’aient demandée ou non. Cette initiative, qui pourrait toucher des millions de postes de travail à travers le monde, cristallise déjà les inquiétudes des administrateurs systèmes et des responsables de la gouvernance numérique.Depuis le lancement de Copilot, Microsoft n’a cessé d’insister sur son potentiel à transformer la productivité : génération de documents, résumés intelligents, analyses de données automatisées, assistance rédactionnelle dans Outlook, ou encore pilotage de réunions dans Teams. L’installation automatique de l’application vise à accélérer son adoption en supprimant la barrière technique et psychologique du téléchargement volontaire.
Dans l’esprit de Redmond, il s’agit de rendre l’IA aussi banale et indispensable que Word ou Excel. Une fois l’application en place, les utilisateurs pourront l’exploiter immédiatement, pour peu que leur entreprise ait souscrit les licences adéquates. Ceux qui ne disposent pas de ces licences verront néanmoins l’icône Copilot, ce qui risque de générer une certaine confusion.
Rappelons d'ailleurs que récemment, dans plusieurs pays (notamment en Australie et dans plusieurs pays d'Asie du Sud-Est), Microsoft a imposé son outil en ajoutant Copilot à sa suite de productivité Microsoft 365 et en les forçant à payer (l'intégration a été suivie d'une hausse des prix de Microsoft 365).
En somme : Microsoft a donc augmenté les prix des abonnements de sa suite bureautique Office (Microsoft 365) pour la première fois en douze ans. La société a justifié ces augmentations de prix par l'intégration de l'assistant d'IA Copilot dans Microsoft 365.
Une installation forcée qui interroge sur le contrôle des environnements
Le principal reproche adressé à Microsoft n’est pas la présence de Copilot en elle-même, mais la manière dont il sera imposé. Dans de nombreuses organisations, les DSI (directeurs des systèmes d’information) et administrateurs réseaux se battent pour garder la maîtrise de leur parc applicatif. L’arrivée d’un logiciel installé automatiquement remet en cause cette logique.
L’enjeu dépasse la simple question technique. C’est un symbole : celui d’un éditeur qui s’autorise à pénétrer jusque dans l’environnement de travail sans consentement préalable, au nom de la modernisation. Certains y voient une répétition des stratégies passées de Microsoft, notamment lorsqu’Internet Explorer avait été imposé par défaut sur Windows dans les années 1990, ou plus récemment quand Teams s’est retrouvé installé d’office dans la suite Office.
Productivité contre gouvernance : le dilemme des entreprises
Microsoft justifie ce déploiement automatique par une volonté de standardiser l’expérience utilisateur autour de Copilot. L’application sera ajoutée par défaut aux postes des utilisateurs de Microsoft 365, venant compléter Word, Excel, Outlook et Teams. L’objectif affiché est de permettre à chacun de bénéficier immédiatement des fonctionnalités d’assistance basées sur l’IA, sans nécessiter une configuration complexe.
En pratique, cela signifie que les administrateurs système verront apparaître, dans leurs environnements gérés, une nouvelle application installée automatiquement. Même si des mécanismes d’exclusion existent, ceux-ci nécessitent une action proactive de la part des responsables IT.
Pour les entreprises, le dilemme est clair. D’un côté, Copilot promet de réduire la charge cognitive des employés. Qui refuserait un outil capable de synthétiser une centaine d’e...
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