Le PDG de Microsoft souhaite que vous cessiez de parler « d'IA slop » en 2026 tandis qu'il tente d'imposer Copilot et ses algorithmes~? déclenchant une polémique qui a rendu populaire le terme « Microslop »
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, par Stéphane le calme
Le terme « Microslop » s’est imposé en quelques semaines comme un marqueur ironique, voire corrosif, de la lassitude croissante face à l’offensive tous azimuts de l’intelligence artificielle chez Microsoft. Derrière ce mot-valise, contraction à peine voilée de Microsoft et de « slop », se cristallise un malaise plus large dans les communautés tech, chez les développeurs, les power users et une partie du grand public. L’IA n’y est plus perçue comme un progrès maîtrisé, mais comme une couche imposée, parfois maladroite, souvent envahissante, et surtout déconnectée des usages réels.Ce backlash n’est pas anecdotique. Il révèle une fracture entre la vision stratégique portée par Redmond et l’expérience vécue sur le terrain, que ce soit dans Windows, Office, Edge ou les services cloud. À travers « Microslop », ce n’est pas l’IA en tant que technologie qui est rejetée, mais une certaine manière de l’intégrer, de la vendre et de la justifier.
Depuis plusieurs années, Microsoft a fait de l’IA le cœur de sa narration corporate. Sous l’impulsion de Satya Nadella, chaque produit, chaque keynote, chaque billet de blog converge vers un même message : l’IA est la nouvelle plateforme, l’équivalent du PC hier ou du cloud dans les années 2010. Dans cette logique, Copilot n’est pas un simple assistant, mais une brique transversale appelée à s’infiltrer partout.
Le problème, selon de nombreux professionnels de l’IT, n’est pas cette ambition en soi, mais son caractère quasi doctrinal. L’IA n’est plus présentée comme une option ou un outil parmi d’autres, mais comme une évidence à accepter. Toute critique est souvent renvoyée à une incompréhension du progrès ou à une résistance au changement, ce qui alimente encore davantage le ressentiment.
Les doléances du PDG de Microsoft : « Nous devons dépasser les arguments opposant contenu de faible qualité [slop] et sophistication »
Il y a quelques jours, Nadella a rédigé une brève note sur ses espoirs pour l'intelligence artificielle à l'horizon 2026. Comme vous le savez, Microsoft mise beaucoup sur l'IA, Azure fournissant une partie importante de l'infrastructure de ChatGPT d'OpenAI. Microsoft a intégré son application Copilot, alimentée par ChatGPT, dans pratiquement tous ses produits, que cela vous plaise ou non. La force brute avec laquelle Microsoft introduit ces produits a suscité une réaction négative incessante sur les réseaux sociaux, et les derniers commentaires de Nadella ont relancé le débat de manière spectaculaire.
Dans son article, Nadella a déclaré qu'il espérait que la société « passe à autre chose » et cesse de se focaliser sur les questions relatives à l'IA, soulignant que pour que cette technologie soit acceptée, elle doit aller au-delà du simple spectacle :
De « l'AI slop » au « Microslop » : une fatigue cognitive
À l’origine, le terme « AI slop » désignait des contenus générés automatiquement, de faible qualité, inondant le web, les réseaux sociaux et parfois même les outils professionnels. En se transformant en « Microslop », l’expression cible désormais une production perçue comme industrielle, standardisée et imposée par Microsoft, y compris là où elle n’apporte pas de valeur évidente.
Cette fatigue est autant cognitive que fonctionnelle. Beaucoup d’utilisateurs ont le sentiment de devoir sans cesse contourner des suggestions automatiques, désactiver des fonctions IA ou composer avec des interfaces plus complexes qu’auparavant. Dans certains cas, l’IA est vécue comme un bruit supplémentaire, un intermédiaire inutile entre l’utilisateur et son objectif.
En effet, la grande majorité des utilisations de l'IA dans la conscience collective actuelle tournent autour de la désinformation, des mèmes stupides et, dans le pire des cas, des abus illégaux. Grok, de xAI, fait actuellement l'objet d'une enquête de la part de diverses autorités pour avoir autorisé des images sexualisées d'enfants générées par l'IA, et ChatGPT, d'OpenAI, est poursuivi en justice pour avoir potentiellement causé un terrible meurtre-suicide. Mais bon, au moins, nous pouvons générer des mèmes de chats plus rapidement qu'auparavant.
Il ne semble donc pas que la société dans son ensemble soit prête à accepter l'IA comme l'espère Nadella de Microsoft. « Microslop » a commencé à faire le buzz sur X.
Divers utilisateurs sur Instagram, Reddit, X, Facebook et d'autres plateformes ont critiqué l'approche de Satya Nadella en matière d'intelligence artificielle, alors que le mécontentement du public à l'égard de cette technologie continue de mettre en évidence le fossé profond qui sépare les espoirs des géants de la technologie et les attentes réelles des consommateurs individuels.
Le mot du jour était « Microslop », qui a fait le buzz sur X et d'autres plateformes.
Nous pouvons le voir par exemple chez cet internaute qui déclare : « Je ferai désormais référence à Microsoft sous le nom de MicroSlop jusqu'à la fin de l'année 2026. »
Windows, Copilot et le sentiment de perte de contrôle
Windows cristallise une large part de ces critiques. Historiquement, le système d’exploitation était vu comme une plateforme relativement neutre, laissant une grande liberté aux utilisateurs avancés. L’intégration de Copilot et de services IA connectés au cloud a changé cette perception. Pour une frange non négligeable des professionnels, Windows devient un vecteur de décisions prises ailleurs : recommandations, résumés automatiques, fonctionnalités activées par défaut.
Le reproche récurrent tient à la perte de contrôle et à l’opacité. Que fait exactement l’IA ? Où vont les données ? Pourquoi certaines fonctions semblent optimisées pour la démonstration plutôt que pour l’efficacité quotidienne ? Le terme « Microslop » sert alors de raccourci sarcastique pour exprimer ce malaise sans entrer dans des débats techniques interminables.
Nadella souhaite aller au-delà des arguments habituels sur l'IA, car Microsoft mise sur l'engouement général pour les agents IA plutôt que sur les logiciels Office et Windows qui ont alimenté tant d'industries pendant des décennies.
Cela témoigne de la tension qui règne actuellement autour des modèles d'IA et de la crainte des créatifs d'être évincés par des modèles d'IA capables de copier le style des artistes, des designers, des cinéastes, etc. Nous utilisons les PC comme outils depuis des décennies pour créer des œuvres d'art, écrire du code et bien plus encore, mais Microsoft et d'autres veulent désormais que nous nous appuyions sur les agents IA comme nouveaux outils de création, même si une grande partie de ce qui est généré est médiocre.
Microsoft envisage que tout le monde utilise Copilot avec sa voix pour créer du contenu, rechercher des informations et découvrir comment utiliser des choses. Le problème est que cette vision ne correspond pas à la réalité actuelle, et que pratiquement rien de ce que Copilot promet de faire ne fonctionne réellement.
Microsoft mise sur l'amélioration des modèles d'IA pour aider Copilot et ses propres offres d'IA, tout comme Meta avertit qu'on ne peut plus se fier à ses yeux pour savoir ce qui est réel. Alors que Nadella a participé à la bataille des modèles d'IA entre OpenAI, Google et Anthropic en 2025, il affirme désormais que c'est la manière dont les gens choisissent d'appliquer l'IA, plutôt que la puissance des modèles individuels, qui importe en fin de compte.
Un malaise qui dépasse Microsoft
Réduire « Microslop » à un simple Microsoft bashing serait une erreur d’analyse. Le phénomène renvoie à une inquiétude plus profonde sur la trajectoire actuelle de l’industrie logicielle. Beaucoup d’utilisateurs ont l’impression que l’IA sert parfois de cache-misère à des produits dont les fondamentaux n’évoluent plus assez vite : performances, stabilité, ergonomie.
Dans ce contexte, Microsoft agit comme un amplificateur. Sa position dominante sur les postes de travail et dans l’entreprise fait que ses choix ont un impact systémique. Lorsqu’une fonctionnalité IA est perçue comme inutile ou intrusive, elle devient immédiatement un symbole, repris, détourné et amplifié sur les réseaux sociaux.
Satya Nadella face au risque de déconnexion
Le paradoxe est que Microsoft n’a jamais été aussi puissant technologiquement. Ses investissements massifs dans l’IA, son avance sur l’intégration produit et sa capacité d’exécution sont réels. Pourtant, le backlash autour de « Microslop » suggère un risque de déconnexion culturelle entre la direction et une partie de l’écosystème.
En cherchant à réhabiliter le terme « AI slop » ou à en minimiser la portée critique, le discours officiel peut parfois sembler à côté du sujet. Ce que beaucoup attendent, ce n’est pas une bataille sémantique, mais une remise en question plus pragmatique : quand l’IA est-elle réellement utile ? Quand devient-elle un fardeau ? Et surtout, qui décide ?
Une alerte faible, mais stratégique
Pour les professionnels de l’informatique, « Microslop » fonctionne comme une alerte faible, un signal culturel qu’il serait dangereux d’ignorer. Les entreprises qui imposent des technologies sans embarquer leurs utilisateurs finissent souvent par payer ce décalage, que ce soit en adoption ralentie, en rejet actif ou en perte de confiance.
Microsoft a encore la capacité de transformer cette critique en opportunité. Cela passe par plus de modularité, davantage de transparence et une reconnaissance explicite que l’IA n’est pas toujours la bonne réponse. À défaut, « Microslop » pourrait s’installer durablement comme le symbole d’une époque où l’obsession pour l’IA a pris le pas sur l’écoute des usages réels.
Source : PDG de Microsoft
Et vous ?
À partir de quel moment l’intégration systématique de l’IA dans les produits Microsoft cesse-t-elle d’améliorer l’expérience utilisateur pour devenir une source de complexité inutile ? Comment distinguer une innovation réellement productive d’une fonctionnalité pensée avant tout pour servir le récit stratégique de l’entreprise ?
Le rejet symbolisé par le terme « Microslop » traduit-il un échec de l’IA elle-même, ou plutôt un décalage entre la culture produit de Microsoft et les attentes des utilisateurs avancés, développeurs et administrateurs systèmes ? La critique vise-t-elle la technologie ou la manière dont elle est imposée ?
Est-il légitime qu’un système d’exploitation ou une suite bureautique active des fonctions d’IA par défaut, sans choix clair laissé à l’utilisateur ? Le « opt-out » est-il encore acceptable à l’ère de l’IA omniprésente, ou faut-il repenser totalement la logique d’activation ?
Microsoft est-il aujourd’hui capable de démontrer, chiffres à l’appui, que Copilot et les autres briques d’IA augmentent réellement la productivité dans des environnements professionnels complexes ? Que se passe-t-il si les gains annoncés restent difficiles à mesurer sur le terrain ?
La montée en puissance de l’IA intégrée au cœur des outils Microsoft renforce-t-elle ou fragilise-t-elle la confiance des entreprises en matière de données, de conformité et de souveraineté numérique ? Le backlash « Microslop » est-il aussi un symptôme de cette inquiétude latente ?
) : j'en suis encore à me demander si je la renvoie pour remboursement pas à cause de ASUS mais bien de windaube ... qu'ils ont mis comme ça sans l'adapter sur une console portable dotée d'un écran de 7 pouces... la machine est fabuleuse hélas il y a cette mayrde cosmique dedans avec sisi du copilot 