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Microsoft adopte un plan « Community-First » afin d'apaiser la colère suscitée par ses nouveaux centres de données IA, mais il est dénoncé comme une tentative de « blanchiment d'image » à peine déguisée

Le , par Mathis Lucas

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Les projets de Microsoft en matière de centre de données se heurtent à de vives contestations. Les protestataires craignent que le raccordement des centres de données de Microsoft aux réseaux électriques locaux n'entraîne l'explosion des factures d'électricité des ménages. Des États américains tels que le Maine ont enregistré des hausses de 36 %. En réponse aux craintes, Microsoft a adopté une approche « Community-First » à travers laquelle l'entreprise s'engage à payer l'intégralité des coûts d'électricité de ses centres de données énergivores. Mais ce plan est controversé, les critiques le comparant à une stratégie visant à blanchir son image auprès du public.

L'appétit énergétique croissant de l'IA suscite de sérieuses préoccupations. Les prix des services publics ont augmenté à travers les États-Unis avec l'essor des centres de données. Au moins 13 États américains sont concernés par cette hausse. Les données issues de rapports récents ont révélé que les prix de l'électricité ont bondi d'environ 6 % en glissement annuel, certaines régions comme le Maine enregistrant des hausses pouvant atteindre 36 %.

Les communautés locales et les groupes de défense des consommateurs s'insurgent contre cet état de choses. Cette question a influencé les élections locales, certaines communautés poussant même les promoteurs à annuler ou à retarder leurs projets. « Nous sommes à un moment où nous devons écouter et répondre directement à ces préoccupations », a déclaré Brad Smith, vice-président et président de Microsoft, lors d'une diffusion en direct.

Microsoft a répondu aux préoccupations avec une approche dite « Community-First AI Infrastructure » (Infrastructure IA axée sur la communauté). Ce plan engage Microsoft à payer l'intégralité des coûts d'électricité de ses centres de données et à renoncer à demander des réductions d'impôts fonciers locaux.

Microsoft s'engage à empêcher la hausse des factures d'électricité

Microsoft a promis de prendre « les mesures nécessaires pour être un bon voisin dans les communautés où nous construisons, possédons et exploitons nos centres de données ». Cela inclut son intention de « payer sa part » afin de garantir que les factures d'électricité locales n'explosent pas dans les endroits où il construit. L'entreprise va « s'assurer que les tarifs qu'elle paie couvrent l'intégralité de sa part de la charge pesant sur le réseau local ».


« Nous travaillerons en étroite collaboration avec les entreprises de services publics qui fixent les prix de l'électricité et les commissions d'État qui approuvent ces prix. Notre objectif est simple : veiller à ce que le coût de l'électricité nécessaire au fonctionnement de nos centres de données ne soit pas répercuté sur les clients résidentiels », a déclaré Microsoft dans un billet de blogue. Le plan de Microsoft s'articule autour de cinq points, notamment :

  1. Microsoft paiera l’intégralité des coûts d’électricité des centres de données pour éviter toute hausse des tarifs résidentiels : l’entreprise s’engage à travailler avec les services publics pour que les taux appliqués couvrent ses usages énergétiques sans que les coûts ne soient répercutés sur les consommateurs ;
  2. Microsoft s’engage à minimiser l’usage de l’eau et à reconstituer plus d’eau qu’elle n’en consomme : l’objectif affiché est de réduire l’intensité de consommation d’eau des centres de données et de contribuer à des projets qui restituent davantage d’eau aux communautés locales ;
  3. création d’emplois pour les résidents : le plan prévoit des programmes de formation, des apprentissages et des embauches pour les habitants des régions où sont implantés les centres de données ;
  4. ajout à l’assiette fiscale locale sans demandes d’allègements : Microsoft a promis de ne pas demander de réductions ou exemptions fiscales locales pour ses centres de données et de contribuer pleinement aux recettes fiscales qui financent les services publics (hôpitaux, écoles, infrastructures, etc.) ;
  5. renforcement des communautés via l’éducation à l’IA et le soutien aux organisations locales : cela inclut des investissements dans la formation en intelligence artificielle dans les écoles, bibliothèques et petites entreprises, ainsi que dans les organisations à but non lucratif.


Selon le ministère américain de l'Énergie, la demande en électricité des centres de données devrait doubler, voire tripler, pour atteindre 12 % de la consommation électrique aux États-Unis d'ici 2028. « Nous sommes à un moment où nous devons écouter et répondre directement à ces préoccupations », a déclaré Brad Smith, vice-président et président de Microsoft, lors d'une diffusion en direct. La firme de Redmond a promis plus de transparence.

Le stratégie de Microsoft assimilée à du « blanchiment d'image »

L'engagement de Microsoft semble très bien sur le papier, mais cela suscite un grand scepticisme, car les Big Tech ont eu du mal à tenir leurs promesses lors de la dernière décennie. Vous vous souvenez peut-être des promesses de Microsoft en matière de « responsabilité sociale » à l'époque où la neutralité carbone était la dernière mode en matière d'écoblanchiment de l'industrie, sous le slogan « nous ne sommes pas mauvais, honnêtement ».

Microsoft avait promis qu'il réduirait ses émissions de carbone. Mais elles ont augmenté de manière exponentielle alors que la société cherchait à enrichir les dirigeants et les actionnaires. Après tout, les rémunérations des cadres supérieurs de Microsoft sont en grande partie versées sous forme d'actions.

Lors de sa récente sortie, le président Brad Smith a répété d'autres promesses en matière d'IA qui sont encore loin d'avoir porté leurs fruits, notamment de vagues « avancées médicales » et des « produits plus abordables », alors que jusqu'à présent, c'est plutôt le contraire qui semble s'être produit dans les deux cas. Microsoft tente, avec peu de succès, d'imposer son chatbot Copilot, déclenchant la colère des utilisateurs et des migrations vers Linux.

Brad Smith a déclaré que Microsoft a une responsabilité accrue, mais tout comme sa responsabilité en matière d'émissions de carbone ou envers ses clients et ses utilisateurs, son intégrité sur ces points est historiquement très fragile. Microsoft semble n'avoir absolument aucune idée de la rapidité ni de la virulence avec lesquelles il est devenu détesté en seulement quelques années, en grande partie à cause de sa gestion de tout ce fiasco appelé « IA ».

Selon certains critiques, les avantages ne se rapprochent même pas vaguement des résultats promis par des personnes comme Sam Altman d'OpenAI, Satya Nadella de Microsoft ou n'importe lequel de ces autres multimillionnaires et milliardaires. Les économistes mettent en garde contre une bulle. Le PDG d'IBM, Arvind Krishna, ne prévoit « aucun retour sur investissement » pour les centaines de milliards investis dans les centres de données.

Microsoft échoue à redorer son image auprès des consommateurs

Microsoft se trouve à un tournant informatique auquel il semble mal préparé. Destruction d'emplois, explosion des prix des technologies, engagements climatiques mis de côté, désinformation à l'échelle industrielle, deepfakes et abus : l'IA n'est certainement pas le succès médiatique que Microsoft espérait. Au contraire, la firme de Redmond s'est récemment vu attribuer le surnom de « Microslop » pour avoir avancé à tâtons dans le battage médiatique.

Microsoft est contraint de continuer à investir dans son infrastructure cloud Azure s'il espère jouer un rôle quelconque dans le monde post-IA. Avec Google qui domine désormais l'IA, ChatGPT stagnant et Copilot inexistant, il semble que le rôle de Microsoft se limite à celui de centre de données. Cependant, les communautés locales réalisent de plus en plus à quel point il peut être pénible d'avoir un centre de données Microsoft dans leur arrière-cour.

La construction de centres de données est devenue un sujet politique brûlant, suscitant de vives protestations. Data Center Watch, une organisation qui suit ces mouvements de protestation, a observé qu'il existe actuellement pas moins de 142 groupes militants différents dans 24 États qui s'opposent à ces initiatives.

Le 13 janvier, à peu près au moment où Microsoft annonçait son engagement à être un « bon voisin », un article publié dans un journal de l'Ohio (où Microsoft développe actuellement plusieurs campus de centres de données) fustigeait l'entreprise, la rendant responsable, avec ses pairs, du changement climatique. Au moins 25 projets à travers les États-Unis ont été annulés à la suite de réactions négatives locales, selon un rapport de Heatmap Pro.

Un rapport récent a mis en lumière l'impact des centres de données sur le climat. Il a révélé notamment que la plupart des centres de données se trouvent en dehors de la plage de températures recommandée pour un fonctionnement efficace. Cette situation pose des problèmes d’efficacité énergétique et de coûts, surtout à l’ère du cloud et de l’IA. La plage de température idéale pour exploiter un centre de données se situe entre 18 °C et 27 °C.

Or, sur environ 8 800 centres de données recensés dans le monde, près de 7 000 se trouvent dans des zones climatiques en dehors de cette plage. Les réalités économiques, politiques et liées au réseau l'emportent souvent sur l'adéquation environnementale lorsque les entreprises décident où les implanter.

Les réseaux électriques mondiaux mis à rude épreuve à l'ère de l'IA

L'Agence internationale de l'énergie (AIE) prévoit que la demande mondiale en électricité des centres de données va plus que doubler d'ici 2030, pour atteindre environ 945 TWh, les États-Unis étant responsables de près de la moitié de la croissance totale de la demande mondiale. Cette croissance intervient alors qu'une grande partie des infrastructures de transport d'électricité des États-Unis ont plus de 40 ans et sont soumises à rude épreuve.

Les choix d'implantation ont des impacts importants. Les températures ambiantes plus élevées entraînent des risques supplémentaires, l'augmentation des charges de refroidissement mettant à rude épreuve les réseaux électriques locaux tout en réduisant l'efficacité du transport d'électricité. Selon l'Agence internationale de l'énergie, les centres de données...
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Avatar de OuftiBoy
Membre éprouvé https://www.developpez.com
Le 15/01/2026 à 19:37
Citation Envoyé par Anselme45 Voir le message
Je crois rêver... On en apprend tous les jours.

Je croyais naïvement qu'un ménage payait uniquement pour sa consommation personnelle (+ des taxes de base pour les frais généraux du style compteurs, transport de l'électricité, etc....)

Par quelles manipulations, les GAFAM arrivent à facturer leur coûts sur les factures d'électricité de monsieur et madame Tout-le-monde?

PS: Je connais évidemment des entreprises qui sous couvert du "on offre des emplois dans la région" paient leur électricité très en-dessous du prix normal et que donc c'est bien le contribuable qui au final paient pour eux la différence. Mais là, si Trump intervient sur le sujet, il doit y avoir une combine beaucoup plus grosse!
Plus il y a de consommation (à cause de l'IA), plus il y'a de demande, et donc, les prix s'envolent, surtout quand ce qui est "disponible" ne suis pas/plus la demande, à cause des IA. C'est complètement dingue, devoir construire des Centrales nucléaire pour faire tourner un brol qui hallucine, alors qu'on nous demande de moins consommer pour "sauver la planète". Etrange paradoxe d'une étrange époque.

PS: ne vous inquiétez-pas pour la planète, elle en a vu d'autres, l'être humain n'est lui que de passage, passage qui sera très bref, quand on sait que l'humain moderne a environ 40.000 ans, alors que les dinosaures ont eu la planète pour eux pendant des dizaines de millions d'années.

Bàv et peace & love.
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