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Microsoft remet ça : Edge va ouvrir automatiquement un panneau latéral Copilot sur vos liens Outlook, lisant vos e-mails au passage.
Une fonctionnalité qui suscite la grogne dans la communauté tech

Le , par Stéphane le calme

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D’ici mai 2026, Microsoft prévoit d’activer automatiquement le panneau latéral Copilot dans Edge lorsqu’un utilisateur clique sur un lien depuis Outlook. Une fonctionnalité inscrite sur la feuille de route Microsoft 365 qui suscite d’ores et déjà une hostilité quasi unanime dans la communauté tech — et soulève des questions sérieuses sur la confidentialité, le consentement et la stratégie d’adoption forcée de l’IA.

Uune entrée discrète est apparue sur la feuille de route officielle de Microsoft 365, décrivant une évolution significative du comportement d’Edge : désormais, lorsqu’un utilisateur clique sur un lien contenu dans un e-mail Outlook, le navigateur ouvrira automatiquement le panneau latéral Copilot en plus de la page de destination. La formulation officielle de Microsoft est explicite : quand des utilisateurs ouvrent des liens depuis Outlook, Edge peut automatiquement ouvrir le panneau latéral Copilot pour fournir des informations contextuelles et des suggestions basées sur le contenu de l’e-mail et de la page de destination.

Concrètement, Copilot analyserait simultanément le contenu de l’e-mail source et la page web de destination pour proposer un résumé des points clés, des éléments d’action prioritaires, et des « suggestion chips » — autrement dit des raccourcis interactifs permettant par exemple de rédiger une réponse, de planifier une réunion ou d’extraire des dates importantes. Microsoft justifie cette approche en estimant qu’elle permettrait aux utilisateurs de comprendre rapidement le contenu, d’agir en moins d’étapes et de tirer davantage de valeur de Copilot tout en prolongeant leur temps de navigation productif dans Edge.

Le déploiement est prévu à partir de mai 2026, en disponibilité générale pour les instances cloud mutualisées standard — ce qui couvre la grande majorité des utilisateurs professionnels et grand public. Ce calendrier laisse peu de temps pour anticiper, et peu d’espace pour un débat public sur l’opportunité de cette décision.


Une réaction négative quasi unanime

Les réactions dans la communauté tech ont été immédiates et sans équivoque. Windows Central, qui a signalé la fonctionnalité parmi les premiers, écrit sans détour que tous les collègues à qui la rédaction en avait parlé avaient répondu négativement, des blagues sur ce que Microsoft fabrique aux jurons à peine voilés. PCWorld a publié un article au titre volontairement provocateur, résumé par un double « Ugh. » en guise de chapeau. The Register a quant à lui consulté Jon von Tetzchner, le PDG du navigateur Vivaldi, qui surfe actuellement sur la vague anti-IA : ce dernier juge que c’est un nouvel exemple de tentative de pousser Edge par tous les moyens possibles et de forcer Copilot sur des utilisateurs qui n’en veulent pas.

Sur les forums spécialisés, les réactions oscillent entre l’ironie et la colère. Certains utilisateurs y voient surtout une bonne raison supplémentaire de ne pas utiliser Edge, voire d’abandonner l’écosystème Microsoft tout entier. D’autres notent qu’ils utilisent déjà Firefox, LibreWolf ou Vivaldi et que la fonctionnalité ne les concernera donc pas directement — mais s’inquiètent des millions d’utilisateurs captifs qui ignorent l’existence de ces alternatives.

Ce rejet s’inscrit dans un contexte plus large de lassitude vis-à-vis de l’omniprésence de Copilot dans Windows 11. Fin 2025, un mouvement de fond a commencé à se cristalliser chez les utilisateurs avancés, certains allant jusqu’à utiliser des outils de « debloating » spécifiquement mis à jour pour supprimer les fonctionnalités IA de l’OS. TechRadar lui-même titrait il y a quelques semaines que Microsoft Copilot était peut-être une erreur — reflet d’un sentiment de plus en plus répandu

La question des données : un angle mort préoccupant

Au-delà de l’agacement de l’utilisateur lambda, la fonctionnalité soulève des interrogations bien plus fondamentales pour les administrateurs systèmes et les responsables sécurité en entreprise. Lorsque Copilot s’active automatiquement, il accède simultanément au contenu de l’e-mail source et à la page web de destination. Ce double accès soulève immédiatement des questions : où ce traitement s’effectue-t-il ? Localement ou dans le cloud Microsoft ? Quelles métadonnées sont transmises ? Pendant combien de temps sont-elles conservées ? Peuvent-elles être supprimées à la demande ?

Un observateur souligne d'ailleurs que la fonctionnalité pourrait facilement conduire Copilot à ingurgiter des informations sensibles ou confidentielles — une problématique qui avait déjà valu de sérieuses critiques à Microsoft. D’ailleurs, quelques jours avant cette annonce, Microsoft avait dû reconnaître qu’un bug critique dans Microsoft 365 Copilot avait exposé des e-mails confidentiels d’utilisateurs à Copilot sans leur consentement — une coïncidence temporelle que les détracteurs n’ont pas manqué de relever.

Pour les administrateurs d’entreprise, le problème est encore plus aigu. Les organisations gérant des données soumises au RGPD, au HIPAA ou à d’autres cadres réglementaires devront s’assurer que Copilot respecte les étiquettes de sensibilité et les règles de chiffrement. La feuille de route ne précise pas comment le système gèrera les documents protégés, ni si un administrateur disposera d’un interrupteur clair pour désactiver ce comportement à l’échelle du tenant. Des communautés d’administrateurs ont déjà commencé à lister leurs exigences minimales : opt-out granulaire, traitement sensible aux étiquettes de classification, télémétrie transparente, et garanties de rétention et de suppression des données.


Opt-in ou opt-out : le détail qui change tout

Un détail crucial reste en suspens dans la documentation disponible : la fonctionnalité sera-t-elle activée par défaut ou non ? La feuille de route utilise le conditionnel (« Edge can automatically open »), ce qui laisse une marge d’interprétation. Certains observateurs estiment que cette formulation permissive indique qu’il s’agira d’une option opt-in. D’autres, plus cyniques, font remarquer que les paramètres par défaut de Microsoft ont historiquement tendance à privilégier l’exposition maximale aux produits maison, et doutent que Copilot fasse exception.

Ce débat sur les paramètres par défaut n’est pas anodin : c’est précisément ce mécanisme qui détermine l’adoption de masse. Il faut rappeler que le panneau contextuel Outlook existant — une version plus primitive sans IA, introduite dès 2023 — n’était pas activé par défaut. La question est de savoir si Microsoft conservera cette approche, ou si la pression interne pour démontrer des chiffres d’adoption de Copilot poussera à inverser la logique. Car le contexte commercial est lui aussi connu : la grande majorité des utilisateurs de Microsoft 365 ne paient pas pour Copilot, malgré les affirmations enthousiastes du CEO Satya Nadella sur son adoption comme « vraie habitude quotidienne ». Une fonctionnalité auto-déclenchée serait un excellent moyen, cyniquement, de gonfler les statistiques d’utilisation.

Copilot partout : une stratégie d’intégration totale qui divise

Cette fonctionnalité n’est pas un accident : elle s’inscrit dans une stratégie délibérée de Microsoft visant à faire de Copilot non plus un outil optionnel, mais une couche d’infrastructure IA permanente intégrée à chaque application. En moins de deux ans, Copilot a envahi la barre des tâches Windows 11, les rubans Office (Word, Excel, PowerPoint, Outlook), Teams, Edge, et même Notepad. Trouver un recoin des logiciels Microsoft que Copilot n’a pas encore atteint devient de plus en plus difficile.

Cette stratégie à l’échelle de l’écosystème reflète la conviction de Microsoft que l’IA générative deviendra une interface universelle pour interagir avec l’information numérique. Mustafa Suleyman, directeur IA de Microsoft, a déclaré récemment que l’IA atteindrait des performances de niveau humain sur la plupart des tâches professionnelles dans les 12 à 18 prochains mois — une affirmation ambitieuse qui donne à cette politique d’intégration un cadre idéologique cohérent, quand bien même elle est contestée par de nombreux experts.

Mais les utilisateurs avancés vivent cette stratégie comme une accumulation de petites intrusions : chaque mise à jour apporte une nouvelle fonctionnalité IA non demandée, chaque interface cache un nouveau point d’entrée vers Copilot. Le sentiment dominant est celui d’une perte de contrôle progressive sur son propre environnement de travail, au profit d’une IA que beaucoup ne perçoivent pas encore comme suffisamment fiable pour justifier un accès automatique à leurs données. L’image du jeu de « Whac-A-Mole » employée pour décrire les efforts des administrateurs désactivant Copilot une fonctionnalité à la fois est particulièrement parlante.

Microsoft peut-il encore faire marche arrière ?

La présence d’une fonctionnalité sur la feuille de route Microsoft 365 n’est pas une garantie absolue de déploiement. Microsoft a déjà revu des annonces de roadmap, notamment sur la fin du support des pilotes d’imprimantes legacy, déclaré par erreur puis annulé. Il est donc théoriquement possible que la pression de la communauté conduise à revoir les modalités de cette fonctionnalité.

Cela dit, l’histoire récente de Microsoft invite à la prudence. Malgré des signaux clairs d’hostilité des utilisateurs — pétitions, outils de désactivation populaires, téléchargements massifs de navigateurs alternatifs — la...
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