Les problèmes de performance du nouveau client Outlook pour Windows irritent les utilisateurs. Un test révèle que la nouvelle application nécessite dix secondes pour ouvrir un courriel depuis une notification, une tâche que l'ancienne version accomplissait presque instantanément. Contrairement à la version Outlook Classic, ce nouveau logiciel repose sur WebView2, ce qui le rend plus lent et plus gourmand en ressources système. Bien que Microsoft ajoute régulièrement des fonctionnalités inédites et prévoit de mettre fin aux supports de la version classique en 2029, l'expérience utilisateur actuelle reste entachée par des délais de chargement frustrants.Le système d'exploitation Windows 11 est livré avec deux versions d'Outlook. Il y a la version classique, l'application de bureau Win32 de longue date conçue pour les utilisateurs expérimentés, et il y a le nouvel Outlook, que Microsoft présente comme l'avenir de la messagerie électronique sous Windows. D'après ses spécifications, la version la plus récente repose sur WebView2 et consiste, en substance, en une fenêtre de navigateur qui charge Outlook.com.
Ces dernières années, Microsoft s'est attaché à présenter le nouvel Outlook comme l'avenir de la messagerie électronique sur cette plateforme. Le logiciel a bénéficié de plusieurs améliorations depuis son lancement, notamment un temps de démarrage plus court, une meilleure prise en charge hors ligne et de nouvelles fonctionnalités destinées tant aux particuliers qu'aux entreprises. Cependant, les testeurs ont relevé de nombreux points de frictions.
D'après des tests mis en avant par Windows Latest, le nouvel Outlook peut mettre nettement plus de temps à ouvrir les e-mails à partir des notifications que la version classique pour ordinateur de bureau. Les utilisateurs peuvent se heurter à un délai perceptible avant que l'e-mail n'apparaisse à l'écran.
Le nouvel Outlook et le problème de latence des notifications
Outlook a une réputation mitigée. L'ancienne application Win32 d'origine s'était forgé une mauvaise réputation en raison de son encombrement et de sa complexité de configuration. La réponse de Microsoft a consisté à abandonner le code natif pour tout reconstruire à partir du Web. Le résultat, baptisé « nouvel Outlook », a remplacé les applications UWP Mail et Calendrier, plus légères, auxquelles certains utilisateurs de Windows s'étaient bien habitués.
En 2023, les utilisateurs avaient vivement protesté lorsque la firme de Redmond avait annoncé son intention de retirer ces applications UWP au profit d’une interface Web. L'entreprise a tout de même poursuivi son projet, et fin 2024, les applications Mail et Calendrier ont été officiellement fermées. Le nouvel Outlook s'est amélioré depuis son lancement, mais ses performances restent mitigées, notamment dans la manière dont il gère les notifications.
Lorsqu'un utilisateur clique sur la notification d'un nouveau courriel sous Windows 11, l'application doit charger la boîte de réception complète et met environ dix secondes à afficher le message spécifique. En comparaison, la version classique d'Outlook ouvre ce même e-mail presque instantanément.
Paradoxalement, ignorer la notification pour ouvrir le logiciel directement depuis le menu Démarrer et cliquer manuellement sur le message s'avère beaucoup plus rapide et prend environ cinq secondes. (Le nouvel Outlook était auparavant nettement lent à se lancer à partir de zéro, mais ce n'est plus le cas aujourd'hui. Le nouvel Outlook s'ouvre désormais presque aussi vite que la version classique, qui reste toutefois légèrement plus rapide des deux.)
Les causes architecturales et la consommation de ressources
D'après le rapport de test, cette lenteur s'explique par l'architecture du nouvel Outlook, qui est construit sur WebView2, le moteur de rendu basé sur Chromium de Microsoft Edge. Contrairement à la version classique d'Outlook qui fonctionne via un processus natif unique et compact, cette nouvelle mouture agit comme une fenêtre de navigateur qui lance l'application Web Outlook.com et génère dix processus distincts dans le gestionnaire des tâches.
Cette conception entraîne une forte consommation de ressources matérielles. Au repos, le nouvel Outlook monopolise entre 490 et 636 Mo de mémoire vive ainsi qu'environ 4 % du processeur, tandis que la version classique se contente de 117 à 148 Mo de RAM et de moins de 1 % du CPU pour effectuer le même travail. « En 2026, les outils de Microsoft répondent à une règle simple : plus de désordre, moins de performances », a déclaré un critique.
Un autre a souligné : « Electron et ses conséquences ont été un désastre pour les applications de bureau. Il a ouvert la voie à une consommation croissant de ressources pour des performances médiocres. Ceux qui appréciaient autrefois des logiciels natifs légers, qui démarraient en quelques millisecondes et n'utilisaient que quelques mégaoctets de mémoire, se retrouvent désormais à lancer des navigateurs Web améliorés déguisés en applications ».
« Microsoft ne sait plus construire des applications natives. Ils utilisent sûrement Windows et Outlook en interne, non ? Ils ne peuvent pas ne pas ressentir eux-mêmes les difficultés qu'ils nous infligent, à moins qu'ils n'utilisent des Mac. Ce que je n'arrive pas à imaginer. Est-ce que les employés ont tellement peur de s'exprimer qu'ils font tous semblant que tout va bien ? Je veux bien comprendre ce qui explique tout ce chaos », a écrit un troisième.
« De nos jours, les gens se plaignent régulièrement de Windows et on a l'impression que ça empire de mois en mois. Ils s'en fichent complètement. Leurs revenus proviennent principalement de contrats avec les entreprises, et leur système d'exploitation est tellement ancré dans le paysage qu'ils ne se soucient guère de l'expérience utilisateur, que ce soit au sein de Microsoft lui-même ou chez les acheteurs professionnels », a déclaré un autre critique.
L'évolution du nouvel Outlook et la stratégie de Microsoft
Malgré ces problèmes de performance, Microsoft pousse l'adoption de cette nouvelle version et a fermé les anciennes applications natives Courrier et Calendrier fin 2024. Microsoft a néanmoins repoussé la transition forcée pour les entreprises à mars 2027, confirmant implicitement que l'outil n'est pas encore très bien adapté à toutes les charges de travail. L'application a toutefois reçu de nombreuses mises à jour correctives et fonctionnelles en 2026.
Les développeurs ont notamment amélioré le temps de lancement initial de l'application, qui est désormais presque aussi rapide que celui de la version classique, et ont ajouté la prise en charge des calendriers partagés, une boîte de réception unifiée ainsi qu'un meilleur support des fichiers d'archives locaux
bien que de nouvelles fonctionnalités soient régulièrement ajoutées et que l'interface s'enrichisse, les limites de performance liées à la nature Web du logiciel restent très difficiles à contourner par de simples mises à jour. Il y a un espoir d'amélioration à long terme, Microsoft ayant récemment engagé une équipe pour développer des applications natives sous Windows, ce qui pourrait ouvrir la voie à un futur Outlook entièrement basé sur WinUI.
En attendant, pour les utilisateurs dont la productivité repose sur la gestion rapide des notifications, il est fortement conseillé de conserver la version classique d'Outlook. Cette version native du logiciel demeure le choix le plus fiable et continuera d'être prise en charge par Microsoft jusqu'en avril 2029. Selon un rapport datant de mars 2025, les multiples versions d'Outlook de Microsoft déroutent les utilisateurs, y compris ses propres employés.
Windows 11 : l'interminable chantier qui irrite ses utilisateurs
Windows 11 accumule les reproches depuis son lancement : interface remaniée au détriment de l'ergonomie, menu Démarrer jugé régressif, mises à jour intempestives qui ralentissent ou déstabilisent les machines, et une intégration forcée de Copilot que beaucoup vivent comme une intrusion. Copilot s'invite en effet partout sans vraiment se rendre utile, consommant des ressources et brouillant une expérience utilisateur déjà fragile.
Les ennuis sont bien documentés et concrets. Depuis juillet 2025, la mise à jour 24H2 (KB5062553) a introduit des bogues majeurs liés aux composants XAML : menu Démarrer qui refuse de s'ouvrir, barre des tâches qui disparaît, explorateur de fichiers instable, écran noir à la connexion, etc. Microsoft a mis quatre mois à reconnaître publiquement le problème. Plus de 5 ans après son lancement, Windows 11 est loin d'être un système stable.
Et ce n'était pas fini : après le Patch Tuesday de janvier 2026, de nombreux utilisateurs ont signalé que leurs PC se retrouvaient incapables de s'éteindre, coincés dans des cycles de redémarrage infinis. Microsoft a dû publier six mises à jour d'urgence hors de son calendrier habituel pour colmater les brèches.
Les utilisateurs ont une impression tenace d'être les cobayes d'un système encore inachevé. Microsoft semble privilégier l'ajout de nouvelles couches technologiques plutôt que de corriger les défauts de fond qui exaspèrent au quotidien. Les utilisateurs se plaignent régulièrement de l'instabilité du système, de paramètres introuvables enfouis dans des menus labyrinthiques. Pour beaucoup d'entre eux, Windows 10 fait figure de paradis perdu.
Copilot : un gadget coûteux devenu...
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