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Après l'échec de Copilot en raison de défaillances techniques et sécuritaires, Microsoft veut désormais que les utilisateurs adoptent l'IA chinoise DeepSeek,
Une initiative largement controversée

Le , par Mathis Lucas

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Après l'échec de Copilot en raison de défaillances techniques et sécuritaires, Microsoft veut désormais que les utilisateurs adoptent l'IA chinoise DeepSeek
une initiative largement controversée

Face aux échecs répétés et aux problèmes de sécurité de Copilot, Microsoft tente d'intégrer l'IA chinoise DeepSeek dans ses services cloud afin de réduire ses coûts opérationnels. Cette décision stratégique provoque une vive polémique, car les gouvernements étrangers et de grandes entreprises ont déjà banni cette technologie pour des raisons de sécurité nationale. Cette situation place les entreprises dans une position délicate, coincées entre les défaillances techniques de l'éditeur et des tensions géopolitiques croissantes. En privilégiant ses intérêts financiers, Microsoft semble négliger la souveraineté numérique et la protection des données de ses clients.

Copilot est un assistant d’IA développé par Microsoft. Il fonctionne comme un compagnon d’IA générative capable de répondre à des questions, de résumer du texte, de générer des images et d’automatiser des tâches routinières sur le Web et dans vos applications de bureau. Depuis le lancement de Copilot, Microsoft n’a cessé d’insister sur son potentiel à transformer la productivité : assistance dans Outlook, pilotage de réunions dans Teams, etc.

Cependant, dans la pratique, le constat est sans appel : Copilot ne fonctionne pas. L'assistant tant vanté par Microsoft est jugé peu fiable, inefficace et enclin à générer des contenus fictifs. Les utilisateurs se plaignent constamment. Par ailleurs, Copilot possède de nombreuses couches de garde-fous jugés lourds qui réécrivent, bloquent ou altèrent les réponses. Copilot serait optimisé pour la facilité d'utilisation générale plutôt que pour la précision.

Dans une tentative désespérée visant à sauver son écosystème Copilot, un projet de plusieurs milliards de dollars en proie à des dysfonctionnements, Microsoft se tourne désormais vers la société chinoise DeepSeek, une décision que les experts en cybersécurité qualifient de « grenade géopolitique ».

Une question de coût avant tout : le contexte du choix de DeepSeek

Microsoft étudierait l’introduction d’une version optimisée de DeepSeek V4 ou d’autres modèles open source pour Copilot Cowork. Si l’adoption de DeepSeek est confirmée, la version équipée de DeepSeek devrait être proposée comme une option que les clients pourront sélectionner, à un prix inférieur à celui des versions utilisant ChatGPT ou Claude. Microsoft prévoit de lancer bientôt une version de l'assistant Cowork intégrant une IA open source.


Cette décision s’inscrit dans la lignée de la récente orientation de Microsoft vers une approche multimodèle, plutôt que de s’appuyer exclusivement sur OpenAI et Anthropic. Mais la raison la plus déterminante est de compenser la charge financière qui s’est alourdie avec l’explosion de l’utilisation de l’IA.

Lorsqu’elle utilise des modèles propriétaires tels que ChatGPT et Claude, l’entreprise doit s’acquitter de frais d’API plus élevés auprès d’OpenAI et d’Anthropic à mesure que la consommation des utilisateurs augmente. En revanche, l’utilisation de modèles d’IA open source ne nécessite que la prise en charge des coûts de serveur, ce qui permet de réaliser des économies. L'entreprise vise donc davantage à optimiser ses propres coûts opérationnels.

Charles Lamanna, vice-président de la division Copilot, Agents and Platform chez Microsoft, a déclaré : « nos tests nous ont amenés à conclure qu’il était impossible de proposer Copilot Cowork en utilisation illimitée. Certains utilisateurs traitent des centaines de tâches par semaine. C’est une productivité vraiment impressionnante, mais cela peut entraîner des coûts très élevés ». Il va donc passer d’un forfait à un système basé sur la consommation.

Ce changement de cap est particulièrement ironique, car en avril 2026, Microsoft avait cofondé le "Frontier Model Forum" aux côtés d'OpenAI, Anthropic et Google, dans le but explicite de lutter contre les pratiques d'extraction de données et d'imitation par des entités chinoises. Il démontre aussi que le modèle américain d'innovation dans le secteur de l'IA induit des coûts insoutenables pour les entreprises, rendant la rentabilité presque impossible.

Défaillances techniques et sécuritaires répétées de Microsoft Copilot

Malgré des investissements colossaux, Copilot s'est ajouté à listes des nombreux échecs spectaculaires récents de Microsoft. En Australie, par exemple, l'adoption de Copilot a considérablement ralenti au cours des deux dernières années, les entreprises et les consommateurs fuyant ce qu'ils considèrent comme « une intrusion toxique sur leurs bureaux informatiques », couplée à une automatisation envahissante et des pannes mondiales paralysantes.

En juin 2026, deux défaillances majeures ont gravement pénalisé les utilisateurs australiens, notamment une panne d'authentification mondiale de cinq heures gelant les opérations critiques sur Microsoft 365 et Windows, suivie d'un effondrement multiplateforme de Copilot. L'insistance de Microsoft exaspère tout le monde. Et au-delà de l'instabilité technique, Copilot représente une menace croissante pour la sécurité et la confidentialité des données.

Le logiciel fonctionne avec des protocoles excessivement permissifs qui héritent de tous les droits d'accès de l'utilisateur connecté. Des chercheurs ont mis en évidence des failles sophistiquées permettant à des attaquants de manipuler Copilot pour qu'il scanne les courriels d'un dirigeant à son insu, encode les données extraites de manière invisible, puis les exfiltre silencieusement vers un serveur de commande externe à travers un lien déguisé.

Il y a quelques jours, les chercheurs en cybersécurité de Varonis Threat Labs ont découvert une faille critique dans Microsoft 365 Copilot Enterprise, référencée sous le numéro CVE-2026-42824 et baptisée « SearchLeak ». Elle permet aux pirates de dérober des données d'entreprise sensibles en un seul clic.

Cette chaîne d'exploitation cible Copilot Enterprise Search en combinant une injection de prompts, une condition de concurrence lors du rendu HTML et une falsification de requête côté serveur (SSRF) via le moteur de recherche Bing, permettant ainsi un accès non autorisé aux e-mails, aux codes d'authentification multifactorielle (MFA), aux agendas et aux fichiers confidentiels des victimes. Microsoft a corrigé la vulnérabilité SearchLeak côté serveur.

L'intégration de DeepSeek dans Copilot se heurte à une opposition

La situation est encore compliquée par la guerre commerciale technologique menée par les États-Unis. L'administration Trump a récemment utilisé les contrôles fédéraux des exportations pour suspendre brusquement l'accès au modèle Fable 5 d'Anthropic pour tous les utilisateurs non américains. Cette décision a immédiatement bloqué l'accès des clients étrangers aux fonctionnalités essentielles des nouveaux modèles Mythos et Fables 5 d'Anthropic.


Les entreprises étrangères font donc face à un paradoxe géopolitique saisissant : Washington restreint leur accès à l'IA américaine pour des raisons de sécurité, au moment même où Microsoft tente de remplacer ces modèles par une technologie chinoise que les gouvernements européens et australiens ont formellement bannie pour les mêmes raisons. « C'est inacceptable pour nous, mais vous, vous pouvez l'utiliser. C'est aberrant », a écrit un critique.

En cherchant à réduire ses coûts opérationnels par cette alliance controversée avec DeepSeek, Microsoft a délaissé la prudence sécuritaire, abandonnant ses clients étrangers au milieu d'un dangereux feu croisé réglementaire entre Bruxelles, Canberra, Washington et Pékin. À la suite de l'arrêt brutal de Fable 5 par le gouvernement américain, l'ancien Premier ministre Gabriel Attal a déclaré que cet acte marquait le début de la « guerre de l'IA ».

Le Canada, par la voix de son Premier ministre Mark Carney, a également tiré les leçons de cette interdiction soudaine en avertissant des dangers liés à une confiance excessive envers un seul fournisseur et en appelant activement à la diversification. C'est la première fois que Washington oblige une société spécialisée dans l'IA à retirer ses systèmes de l'usage public, marquant ainsi le début d'une nouvelle ère de contrôle gouvernemental sur l'IA.

« Nous traitons les autres menaces pesant sur notre souveraineté avec le plus grand sérieux, mais nous n’avons pas appris à traiter celle-ci de la même manière. L’IA est la question politique centrale de notre époque », a déclaré le ministre britannique chargé de l'IA et de la Sécurité en ligne, Kanishka Narayan.

Alliance controversée entre les entreprises américaines et DeepSeek

À l’instar de Microsoft, plusieurs entreprises américaines se tournent vers DeepSeek pour réduire leurs coûts. Selon un rapport de Ramp, qui gère des logiciels de cartes d’entreprise et de gestion des dépenses pour plus de 70 000 clients américains, une analyse des données de paiement du mois de mai basée sur les cartes d’entreprise et les factures a montré que DeepSeek occupait la première place parmi les « logiciels à la croissance la plus rapide ».

Ramp a expliqué : « dans l’ensemble, les entreprises occidentales spécialisées dans l’IA conservent une large avance, mais l’essor de DeepSeek en mai et juin s’inscrit dans une tendance plus large où les modèles chinois gagnent en popularité en mettant l’accent sur un rapport coût-performance avantageux ».

Selon un rapport publié en décembre 2025, des modèles chinois tels que DeepSeek et Qwen d’Alibaba ont, pour la première fois, dépassé leurs rivaux américains en matière de téléchargements sur Hugging Face, représentant plus de 44 % de l’ensemble des téléchargements de nouveaux modèles populaires. Le nouveau modèle GLM-5.2 de Z.ai surpasse GPT-5.5 d'OpenAI sur plusieurs benchmarks de codage à long terme, pour un coût six fois moindre.

L'analyse de Ramp a révélé que « les prix des modèles d’IA augmentent chez la plupart des fournisseurs, et que l’ère des subventions et des forfaits à tarif fixe touche à sa fin ». Ramp a déclaré : « les entreprises pourraient de plus en plus choisir leurs modèles en fonction de leur rapport coût-performance. C’est un premier signe de l’économie des tokens », en référence aux tokens, la plus petite unité utilisée par les modèles d’IA pour traiter les données.

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Washington a banni DeepSeek, tandis que Microsoft le propose à ses clients étrangers. Qu'en pensez-vous ?
Que pensez-vous des défaillances techniques et sécuritaires répétées de Microsoft Copilot ? Pourquoi échoue-t-il avec Copilot ?

Voir aussi

Une vulnérabilité critique de Microsoft 365 Copilot permet aux pirates de voler des données en un seul clic : codes d'authentification MFA, contenu des e-mails, détails de l'agenda et fichiers confidentiels

Le blocage de l'accès aux modèles Fable 5 et Mythos 5 d'Anthropic par l'administration Trump donne raison aux partisans de l'IA open source et non américaine, « la guerre de l'IA est désormais lancée »

Microsoft précise que l'IA Copilot est destinée uniquement à des fins de divertissement, que son utilisation se fait à vos propres risques et qu'il ne faut pas s'y fier pour prendre des décisions importantes
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Avatar de Fagus
Membre expert https://www.developpez.com
Le 24/06/2026 à 14:19
Cette technique chinoise d'écraser les coûts pour au final capter tout le marché, sans trop de gène sur ce qu'on appelait du dumping à l'époque de feu l'OMC a déjà fonctionné, pourquoi s'arrêter en si bon chemin ?
Les terres rares et d'autres matières critiques, l'électronique, le photovoltaïque, ... , les voitures, l'IA ?

Allez-y Microsoft, continuez de vous verser des salaires énormes et externalisez les coûts en Chine. ça nous fera du spectacle à nous les Européens, qui de plus en plus ne sommes plus que des spectateurs du monde.
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Avatar de Pierre Louis Chevalier
Expert éminent sénior https://www.developpez.com
Le 24/06/2026 à 14:31
C'est moins cher de construire et de faire fonctionner des data center en Chine qu'aux USA, donc les USA ne pourront rien faire contre les offres moins chère de Chine pour le cloud et le Cloud IA.

Le cout de développement des IA en Chine est aussi beaucoup moins cher, exemple : Le développeur chinois d'IA DeepSeek n'a dépensé que 294 000 dollars pour former son modèle R1, soit beaucoup moins que ce qui a été rapporté pour ses concurrents américains.

Pour ne pas être tributaire d'une IA cloud US dont le prix explose et qui peut tomber en panne à tout moment, ou même être interdite à tout moment pour les "étrangers" par Trump, la solution c'est d'utiliser une IA locale open source, ou de développer de façon plus sure en se basant sur une API multi IA cloud, pour continuer à fonctionner même si un cloud IA US est inaccessible ou devient hors de prix, ou encore un peu des deux.
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Avatar de RenarddeFeu
Membre averti https://www.developpez.com
Le 24/06/2026 à 14:49
Au-delà des questions éthiques, c'est très bien deepseek : rapide, concis, précis. Rien à voir avec les pavés que pond ChatGPT.
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