La nouvelle fonctionnalité dénommée « Workplace Check-in » de Microsoft est en cours de déploiement. Elle permet de mettre à jour automatiquement le lieu de travail d’un employé grâce au Wi-Fi ou aux connexions des périphériques de son poste de travail. Workplace Check-in est au centre d’une polémique pour ce que les observateurs qualifient de mesure d’espionnage des employés.« Workplace Check-in » est présenté comme une fonctionnalité destinée à faciliter la vie des employés en enregistrant automatiquement leur présence dès leur arrivée au travail et leur connexion au Wi-Fi de l’entreprise, remplaçant ainsi les périphériques physiques d’enregistrement. Il est également censé réduire la nécessité de mettre à jour manuellement son statut et permettre aux collègues de savoir qu’ils peuvent organiser des réunions en présentiel avec vous.
Même si Microsoft s’efforce de présenter cette mise à jour comme une fonctionnalité simple, facultative et extrêmement utile pour les employés, les inquiétudes concernant la vie privée, la surveillance sociale et l’utilisation de la présence à des fins coercitives sont innombrables, à une époque où les politiques de retour au bureau étouffent le personnel.
« Workplace Check-in » est une fonctionnalité de Teams conçue pour réduire l’effort considérable que représente la mise à jour manuelle de votre statut de travail. Plutôt que de vous connecter à Teams chaque matin et de saisir « au bureau » ou toute autre mention que vous choisissez pour divertir vos collègues, cette fonctionnalité détecte automatiquement votre emplacement dès que vous commencez à utiliser le réseau Wi-Fi de l’entreprise.
Selon la documentation officielle de Microsoft, cette fonctionnalité s’inscrit dans le prolongement du signal de présence en ligne existant de la plateforme et des paramètres de gestion des horaires de travail de Microsoft 365. L’objectif est non seulement de permettre à vos collègues de voir si vous êtes disponible, mais aussi de savoir depuis quel endroit vous travaillez. En effet, si l’équipe informatique configure correctement le système, votre statut n’indiquera pas seulement que vous êtes au bureau, mais aussi dans quelle pièce ou à quel étage vous vous trouvez exactement. Une fois que votre ordinateur portable se connectera à la salle de conférence C, par exemple, tout le bureau saura que vous y êtes.
La fonctionnalité Workplace Check-in (ou détection de présence via Wi-Fi) de Microsoft Teams est au centre d’une controverse qui réside dans le conflit entre la volonté des employeurs d'optimiser le travail hybride et la crainte des employés d'une surveillance numérique intrusive🪟 Teams’ Wi Fi check-in isn’t Microsoft tracking your home router—it’s an admin-configured office presence signal. Still feels like attendance software wearing a productivity badge.https://t.co/JRqifDNhkw#Privacy #MicrosoftTeams #WindowsAdmins #WorkplaceCheckIn pic.twitter.com/mtTFes6gMx
— Windows Forum (@windowsforum) July 19, 2026
Dès qu'un collaborateur connecte son ordinateur au réseau Wi-Fi du bureau (ou à un point d'accès spécifique), Teams met automatiquement à jour son statut pour indiquer qu'il est physiquement sur site.
Les syndicats et les défenseurs de la vie privée accusent l'outil de servir d'instrument de contrôle pour vérifier les horaires d'arrivée et de départ, ou pour surveiller si les salariés respectent les politiques de retour au bureau.
Bien que Microsoft désactive la fonction par défaut et exige l'accord de l'employé, les critiques soulignent que les employés peuvent se sentir sous pression de l'activer pour ne pas paraître suspects ou réfractaires à l'autorité de leur manager et se retrouver ainsi sur la liste des licenciements.
De son côté, la firme de Redmond se défend en affirmant que cette fonction (intégrée à Microsoft Places) vise uniquement à faciliter la collaboration, à aider les collègues à se croiser et à simplifier la réservation de bureaux, et non à évaluer la productivité.“optional” gets pretty theoretical when your manager can see who opted out...
— Ryzm (@Goeun_6121) July 18, 2026
who asked Teams to become Find My Employee?
L’utilisation de tels artifices par les employeurs est en général destinée à s’assurer que ces derniers sont bien assis devant leur ordinateur à faire le boulot pour lequel ils sont payés
C’est ainsi qu’une Canadienne a été condamnée par un tribunal civil à indemniser son ancien employeur pour « vol de temps » après avoir été prise en flagrant délit de fausse déclaration des heures passées à travailler par un logiciel de suivi.
Cette décision de justice est l'un des premiers cas qui s’appuient sur une telle technologie pour ordonner à un travailleur de rembourser son employeur en cas de manquement au travail. Besse travaillait à distance pour Reach CPA, un cabinet comptable basé en Colombie-Britannique, au Canada. Le conflit a commencé en 2022 lorsque Besse a affirmé avoir été licenciée à tort et que son employeur lui devait 5000 $ en salaire et en indemnités de départ impayées.
Son employeur a fait valoir que Besse avait été licenciée à juste titre parce qu'elle avait commis un « vol de temps. » Reach CPA a déclaré avoir recueilli des preuves en utilisant TimeCamp, un logiciel de suivi du temps qui enregistre les accès aux fichiers et leur durée. Les dossiers ont montré un écart de 50 heures entre ce que Besse a déclaré comme temps de travail et ce que TimeCamp a enregistré comme activité professionnelle. C’est sur la base de ces données produites par le logiciel que le tribunal a décidé que l’employée doit rembourser 2600 $ de salaire.
Source : Microsoft (notes de configuration de la fonctionnalité)
Et vous ?
Pour ou contre les logiciels de surveillance des employés ? Pour ou contre la surveillance des employés sur le lieu de service ?
Que pensez-vous de la décision des tribunaux de condamner les employés à indemniser leur employeur pour « vol de temps » ? Les données issues de tels logiciels sont-elles suffisantes pour mesurer la productivité d’un employé et tirer des conclusions fiables ?
Comment votre employeur fait-il pour vous contrôler (évoluer votre productivité) alors que vous êtes au bureau ou en télétravail ?Voir aussi :
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