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Microsoft confirme que Windows dispose d'un identifiant global de périphérique impossible à désactiver
Et dont l'entreprise se sert pour se livrer à la surveillance de masse

Le , par Patrick Ruiz

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35  0 
L’identifiant en question est le Global Device Identifier (GDID). Son existence a été confirmée par Microsoft de manière indirecte et contrainte. C’était suite à une plainte fédérale déposée par les autorités américaines lors d’une enquête du FBI qui a débouché sur l’arrestation d’un membre présumé du groupe criminel dénommé « Scattered Spider ». L’éditeur de Windows 11 s’est chargé de livrer au FBI l’empreinte numérique nécessaire à l’atteinte de cet objectif (le GDID). D’avis de certains utilisateurs, c’est un brutal rappel de l’implication de Microsoft dans des activités de surveillance de masse.

Le GDID s’appuie sur des descripteurs matériels, ce qui signifie que chaque acheteur de PC Windows entre de facto dans la machine de surveillance de masse qui a mené à l’arrestation de Peter Stockes

La relation entre le GDID (Global Device ID) de Windows et la puce TPM 2.0 (Trusted Platform Module) réside dans le verrouillage de l'identité matérielle : le GDID s'appuie en partie sur les descripteurs matériels et les certificats sécurisés liés au TPM pour lier de manière persistante une installation de Windows à une machine.

Le GDID utilise les informations de la plateforme et les certificats sécurisés du TPM 2.0 pour générer et valider l'empreinte unique de l'appareil auprès des services de Microsoft. L'association entre le TPM et le GDID permet de maintenir un identifiant de système d'exploitation stable qui résiste aux mises à jour et aux changements de configuration mineurs.

Bien que le TPM 2.0 serve la sécurité locale (comme le chiffrement BitLocker), le GDID exploite ces fondations d'intégrité pour l'identification de l'appareil à distance dans l'écosystème cloud de Microsoft.

L’équipe constitué d’éléments de Microsoft et du FBI a obtenu le GDID à partir de l'ordinateur du présumé criminel qui a servi à créer un compte sur l'outil de piratage ngrok. Bien que le compte ait été créé à partir d'une adresse IP VPN se terminant par .168, les registres de Microsoft indiquent que ce même GDID (6755467234350028) a accédé à la page d'inscription de ngrok exactement au moment où le compte a été créé, ce qui a permis d'établir un lien entre ce piratage et ses comptes personnels sur les réseaux sociaux.

Les enquêteurs ont utilisé ce GDID pour suivre et recouper toutes les informations de télémétrie associées à cet appareil en particulier. En établissant des corrélations entre le GDID et les adresses IP, les connexions à des comptes personnels (tels que Facebook ou Snapchat) et d’autres données relatives à l’activité sur Internet, le FBI a pu constituer une solide chaîne de preuves reliant directement le suspect aux activités criminelles.

En gros, Windows est un système d’exploitation qui intègre des fonctionnalités d’espionnage imposées aux utilisateurs. C’est ce qui ressort d’un récent avis de l’éditeur de ProtonVPN

Stokes fait l’objet d’accusations, notamment de complot, d’intrusion informatique et de fraude, liées à plus de 100 millions de dollars de rançons versées à la suite de plus de 100 intrusions dans des entreprises depuis 2022. L’utilisation par le FBI des données de Microsoft s’inscrit dans un cadre juridique exigeant des ordonnances judiciaires et des citations à comparaître.

Mais le GDID soulève d’importantes questions concernant le consentement des utilisateurs et la propriété réelle du matériel dont nous faisons l’acquisition. Microsoft ne demande pas l’avis des utilisateurs sur la question de savoir s’ils ont besoin d’une telle fonctionnalité (le GDID) et il n’existe aucun moyen simple de le supprimer. Même une réinstallation complète de Windows n’est qu’une solution partielle.

Dans toute la documentation en ligne très complète de Microsoft, le GlobalDeviceId ne mérite qu’une seule mention, enfouie dans un document technique extrêmement obscur que personne n’est susceptible de lire.

Linux revient en boucle comme alternative viable citée par les utilisateurs qui disent avoir fait le saut pour s’extirper de la surveillance de masse sous Windows. Toutefois, les données techniques à disposition suggèrent de ne pas y voir une réponse absolue

Linux dispose d’un équivalent au Windows GDID pour identifier de manière unique une machine ou un composant matériel. Pour l'ensemble du système d'exploitation, l'équivalent direct de l’identifiant global de machine est le fichier /etc/machine-id (géré par systemd), tandis que pour les périphériques de stockage, on utilise les UUID et les liens persistants udev.

/etc/machine-id est un identifiant unique de 32 caractères hexadécimaux généré lors de l'installation du système. Il reste constant au fil des redémarrages et sert de référence stable pour le système d'exploitation, de la même manière qu'un GUID/machine ID sous Windows.

Les principaux risques et problèmes liés à ce fichier concernent la confidentialité (suivi ou traçage), la duplication de machines virtuelles et la stabilité du système. En effet, sa divulgaation à des applications malveillantes ou à des services tiers sur le réseau peut servir à lier différentes activités ou connexions à une seule et même machine.

De plus, les spécifications officielles indiquent que ce fichier doit rester secret et ne pas être envoyé sur un réseau non sécurisé. S'il est utilisé par exemple pour générer des identifiants DHCP, la machine peut devenir identifiable sur des réseaux publics.

Il existe d’ailleurs des sources officielles et techniques, notamment dans le code source de Chromium (browser_dm_token_storage_linux.cc) et la documentation d'aide pour Chrome Enterprise and Education, qui confirment que Google Chrome accède au fichier /etc/machine-id sous Linux.

Des discussions sur certains forums communautaires analysent cet extrait de code pour expliquer comment le navigateur extrait une empreinte matérielle stable pour les instances professionnelles sous Linux.

Source : Avis de ProtonVPN sur le Windows GDID, Documentation d’aide pour Chrome Enterprise et Education

Et vous ?

Partagez-vous les avis selon lesquels cette affaire illustre beaucoup plus le degré de surveillance de masse auquel nous sommes exposés en tant qu’utilisateurs de Windows ?
Partagez-vous les avis selon lesquels ce cas n'apporte rien de nouveau quant à l'implication de Microsoft dans des activités de surveillance de masse et que ce qui est plutôt étonnant est que les utilisateurs n'aient pas encore migré en masse vers des solutions comme Linux qui offrent de meilleures garanties de protection de leurs données ?
Partagez-vous les avis des utilisateurs qui citent Linux comme alternative à Windows pour pallier à cette surveillance de masse via le Windows GDID ?

Voir aussi :

L'application de vérification de l'âge de l'UE fait l'objet de critiques en raison de sa dépendance à Google, l'utilisation de l'API Play Integrity soulève un débat sur la souveraineté numérique de l'UE

Le groupe qui milite en faveur de l'obligation de vérification de l'âge pour l'IA s'avère être discrètement soutenu par OpenAI, qui est à l'origine de la coalition « Parents & Kids Safe AI »

Google utilisera l'apprentissage automatique pour estimer l'âge d'un utilisateur à partir de son historique de navigation et d'autres données, mais ces informations peuvent ne pas refléter son âge réel
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Avatar de Nb
Membre averti https://www.developpez.com
Le 24/07/2026 à 15:31
Linux dispose d’un équivalent au Windows GDID pour identifier de manière unique une machine ou un composant matériel. Pour l'ensemble du système d'exploitation, l'équivalent direct de l’identifiant global de machine est le fichier /etc/machine-id (géré par systemd), tandis que pour les périphériques de stockage, on utilise les UUID et les liens persistants udev."
Linux ne dispose d aucun equivalent.
Systemd propose un equivalent et udev un autre pour les disques. Sauf que systemd et udev ne sont pas obligatoires. Des distrib sans systemd ca ne manque pas. Et udev peut etre remplacé. Faut arreter de faire des raccourcis.

Bref c'est le principe de base des distributions linux : chacune embarque ce qu elle veut et c est à chacun de choisir celle qui lui convient. Et si on trouve pas son bonheur et qu on est motivé on peut se faire sa distrib et se la maintenir : y a un paquet de depots github (ou autre) avec des distrib personnelles.
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Avatar de e-ric
Membre expert https://www.developpez.com
Le 24/07/2026 à 13:39
Citation Envoyé par Patrick Ruiz Voir le message
Dommage, les législateurs ne poussent pas les OS à forcer la déclaration publique et obligatoires des lobbies qui les engraissent. Les gouvernements et parlementaires sont juste une mafia qui s'auto-légitimise. Le peuple est un crétin et ils en profitent.

Ils veulent contrôler l'accès à la pornographie, par contre les contenus violents montrant des crimes, des guerres sont totalement libres, est-ce bien raisonnable ?
4  0 
Avatar de Fagus
Membre expert https://www.developpez.com
Le 24/07/2026 à 16:26
Citation Envoyé par Fagus Voir le message
Je ne connais pas ce sujet technique du GDID de windows, mais de ce que je comprends de cette phrase, c'est que Microsoft a une basse de donnée horodatée d'un identifiant unique de chaque windows, couplée à toutes les actions comme les adresses des pages visitées ?
?
Je réponds à ma propre question avec cette mise à jour qui donne ce lien https://securityonline.info/microsoft-gdid-tracking/

La réponse est apparemment oui, Microsoft aurait une sorte de base de donnée qui lie le GDID à sa propre adresses IP réelle (avec dés-anonymisation en cas d'usage de VPN), avec horodatage précis des connections qu'on réalise vers d'autres systèmes.

C'est assez fou de se dire que les USA ont les métadonnées de toutes les connections avec un lien à une machine physique, et que ça passe crème.
4  0 
Avatar de suricata
Nouveau Candidat au Club https://www.developpez.com
Le 24/07/2026 à 16:50
Dans toute la documentation en ligne très complète de Microsoft, le GlobalDeviceId ne mérite qu’une seule mention, enfouie dans un document technique extrêmement obscur que personne n’est susceptible de lire.

C'est clair. Ou plutôt très obscur. On savait que les smartphones ont une signature numérique, que ce soit Apple ou Google. Maintenant, nous avons la confirmation que M$ nous trace. Autant une machine sur un réseau peut être identifiée grâce à son IP, autant lui adresser un identifiant unique à des fins de pistage devient scandaleux.

Scandaleux pour toutes les mesures liberticides qui peuvent être prises avec cet id. Et pourtant cela peut avoir un bénéfice en cybersécurité en liant cet id à une empreinte matérielle et, surtout, logicielle qui, si elle subit des changements anormaux, peut donner lieu à une alerte et l'isoler de manière efficace. Mais, au regard de tout ce qui peut être réalisé avec un tel marquage de manière néfaste, cela en vaut-il la peine ?

Je n'ai pas relu les clauses des contrats Microsoft mais il est probable que cela soit consenti d'une façon ou d'une autre.
Mais le GDID soulève d’importantes questions concernant le consentement des utilisateurs et la propriété réelle du matériel dont nous faisons l’acquisition. Microsoft ne demande pas l’avis des utilisateurs sur la question de savoir s’ils ont besoin d’une telle fonctionnalité (le GDID) et il n’existe aucun moyen simple de le supprimer. Même une réinstallation complète de Windows n’est qu’une solution partielle.
Il n'y a pas que les clauses des contrats de M$ que vous n'avez pas lu, il y a aussi l'article...
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Avatar de Artaeus
Nouveau Candidat au Club https://www.developpez.com
Le 24/07/2026 à 19:33
Est-ce que des gens sont réellement surpris ?

Ce qui était "complotiste", est donc vrai, encore une fois ...
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Avatar de Access_to_folder
Nouveau Candidat au Club https://www.developpez.com
Le 24/07/2026 à 16:09
Les marqueurs de matériel existent depuis longtemps, par exemple sur les documents imprimés : https://w2.eff.org/Privacy/printers/docucolor/ tout comme des marqueurs uniques dans des fichiers générés par des applications identifiant le numéro de licence du créateur du fichier.

Je n'ai pas relu les clauses des contrats Microsoft mais il est probable que cela soit consenti d'une façon ou d'une autre.

La surveillance de masse n'est pas nouvelle, à chaque fois qu'internet est utilisé...

Voici la définition de ce qu'est la surveillance de masse en Europe, et les jurisprudences :

Cour Européenne des Droits de l'Homme :
La surveillance de masse Jurisprudence de la CEDH et de la CJUE
https://ks.echr.coe.int/documents/d/...lance-de-masse
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Avatar de Access_to_folder
Nouveau Candidat au Club https://www.developpez.com
Le 24/07/2026 à 18:11
Citation Envoyé par suricata Voir le message
Il n'y a pas que les clauses des contrats de M$ que vous n'avez pas lu, il y a aussi l'article...
Je n'ai peut être pas alors compris votre remarque, car ayant lu l'article, et en particulier votre citation qui ne l'omet point ("Mais le GDID soulève d’importantes questions concernant le consentement des utilisateurs"), cela fait alors justement renvoi aux CLUF de Windows, et savoir si le consentement pour ce type de fonctionnalité non documentée est malgré tout prévue par l'acceptation de l'usager.

On peut imaginer un futur qui imposera des contraintes complémentaires en vue de généraliser ce type de fonctionnalités.

Dans le cas présent, la mesure "liberticide" a permis d'arrêter des délinquants.
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