Microsoft traverse une période particulièrement difficile. Le virage stratégique vers l’IA vire au fiasco pour Microsoft, tandis que Windows 11 demeure un chantier interminable aux performances médiocres. Une analyse du marché révèle que l'action est en passe de connaître son pire trimestre depuis la crise des subprimes. L'action a chuté de 25 % au premier trimestre, ce qui représente sa plus grande perte depuis le quatrième trimestre de 2008, et c'est de loin la plus mauvaise performance parmi les sept entreprises du « Magnificent Seven ». Ecartelé entre l'IA et l’exigence d’un Windows stable et pertinent, Microsoft apparaît totalement désorienté.Microsoft est l'un des principaux acteurs de la course à l'IA. L'entreprise développe le chatbot Copilot et investit massivement dans l'extension de son infrastructure cloud Azure pour les charges de travail liées à l'IA. Cependant, malgré un chiffre d'affaires massif porté par la division Azure, Microsoft subit une chute historique de sa capitalisation en raison des coûts colossaux liés à l'IA. Et les investisseurs commencent à douter de l’orientation vers l’IA.
Le PDG Satya Nadella présente cette période comme une transition nécessaire de la simple démonstration technique vers des applications concrètes et productives. Mais l'ampleur des dépenses en infrastructures et la dépendance envers des partenaires suscitent l'inquiétude des investisseurs. Parallèlement, l'entreprise mène des restructurations discrètes et des suppressions de postes pour préserver ses marges face aux pressions macroéconomiques.
Ce panorama illustre l'urgence pour l'ensemble de l'industrie de transformer l'engouement pour l'IA en une rentabilité durable et stable. Selon Wall Street, ces tendances inquiétantes pourraient conduire l'action Microsoft vers sa pire performance trimestrielle depuis la crise financière mondiale d’il y a vingt ans.
L'action Microsoft se dirige vers son pire trimestre depuis 2008
Malgré des résultats financiers en apparence solides, avec un chiffre d'affaires de 81,3 milliards de dollars, Microsoft traverse une période de turbulences historiques. Deux problèmes structurels qui pèsent sur le titre. D'un côté, Microsoft continue d'augmenter massivement ses investissements dans les infrastructures d'IA, alors que Wall Street s'interroge de plus en plus sur le moment où ces dépenses se traduiront par une accélération des revenus.
De l'autre, les investisseurs craignent que des startups d'IA comme Anthropic et OpenAI développent des agents capables de remplacer des produits qui constituent le cœur de métier des géants comme Microsoft, ce qui pourrait perturber son activité principale ou du moins faire pression sur ses prix et ses marges.
Cela pousse les investisseurs à se débarrasser des actions du secteur du logiciel. « On craint que, plutôt que de payer Microsoft, de plus en plus de clients se tournent directement vers des fournisseurs d’IA, ce qui pourrait perturber l’activité principale, ou tout au moins exercer une pression sur les prix et les marges », a expliqué Jonathan Cofsky, gestionnaire de portefeuille chez Janus Henderson Investors, qui détient des actions de la société.
L'action Microsoft a chuté de 25 % au premier trimestre, s'acheminant vers sa plus forte baisse depuis la crise financière mondiale de 2008. Elle avait enregistré une baisse importante de 27 % au quatrième trimestre 2008. Elle affiche de loin la plus mauvaise performance parmi les sept géants technologiques du « Magnificent Seven » en ce début d'année, alors que l'indice qui suit l'évolution de ce groupe a reculé de 14 % sur la même période.
Microsoft est devenue une entreprise gourmande en capitaux
Le rythme des dépenses de Microsoft inquiète Wall Street. Ses dépenses d’investissement, y compris les contrats de location, devraient atteindre 146 milliards de dollars au cours de l’exercice 2026, qui se termine fin juin. Cela représente une hausse d'environ 66 % par rapport aux 88 milliards de dollars de l'exercice 2025, et ce chiffre devrait grimper à 170 milliards de dollars pour l'exercice 2027 et à 191 milliards de dollars pour l'exercice 2028.
Les investisseurs voient de plus en plus d'un mauvais œil ce type de dépenses, surtout en l'absence d'une accélération plus marquée de la croissance. Dans ses derniers résultats trimestriels, la division Azure a affiché un léger ralentissement de sa croissance par rapport au trimestre précédent. Copilot n'a rencontré qu'un succès limité auprès des clients, poussant Microsoft à remanier ses activités dans le domaine de l'IA pour améliorer la plateforme.
Jonathan Cofsky a lancé un avertissement : « Microsoft est devenue une entreprise beaucoup plus gourmande en capitaux. Pour que l'action affiche de meilleures performances à l'avenir, nous devons être davantage convaincus que la croissance du secteur des logiciels ne ralentira pas de manière significative ».
Sur les 67 analystes suivis par Bloomberg qui couvrent Microsoft, 63 ont une recommandation « acheter », tandis que trois ont une recommandation « conserver » et un seul recommande de « vendre ». L'objectif de cours moyen à 12 mois de l'action, fixé à 592 dollars, laisse entrevoir un potentiel de hausse de plus de 64 % en 2027. C'est le rendement implicite le plus élevé jamais enregistré, selon les données compilées par Bloomberg depuis 2009.
L'alliance stratégique conclue avec OpenAI sous haute tension
Outre les difficultés susmentionnées, les relations de Microsoft avec son partenaire...
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Le virage stratégique de Microsoft vers l'IA va-t-il porter ses fruits à long terme ? Pourquoi ?
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