L'énorme centre de données IA de Microsoft au Kenya nécessiterait de "mettre la moitié du pays hors tension" pour répondre à ses besoins en énergie, le projet d'un milliard de dollars est au point mort après des désaccords sur la capacitéLe projet de centre de données d'intelligence artificielle (IA) de Microsoft au Kenya, d'une valeur d'un milliard de dollars, est au point mort après l'échec des négociations avec le gouvernement concernant des paiements garantis pour une certaine capacité de calcul, rapporte Bloomberg. L'ampleur initiale du projet avait suscité des inquiétudes sur le plan énergétique, le président kényan William Ruto ayant averti qu'il faudrait « mettre la moitié du pays hors tension pour alimenter le centre de données ». Les autorités locales indiquent toutefois que le projet est toujours d'actualité et que les discussions se poursuivent. Bloomberg rapporte qu'un projet de centrale plus modeste, mené en collaboration avec le promoteur local EcoCloud, est également à l'étude.
William Kipchirchir Samoei Arap Ruto est un homme politique kenyan qui occupe, depuis le 13 septembre 2022, le poste de cinquième et actuel président du Kenya. Avant d'accéder à la présidence, il a été le premier vice-président élu du Kenya, de 2013 à 2022. Auparavant, il a occupé trois postes ministériels : celui de ministre de l'Intérieur, de ministre de l'Agriculture et de ministre de l'Enseignement supérieur.
L’impasse autour de ce projet illustre les tensions entre les ambitions des géants de la technologie et les limites des infrastructures locales nécessaires pour les soutenir. Ces derniers mois, Amazon, Microsoft et Google ont déjà été contraints de renoncer à la construction de centres de données de plusieurs milliards de dollars en raison d'une opposition locale croissante. Selon un récent rapport de Reuters, ces groupes subissent également une pression accrue de la part des investisseurs qui réclament davantage de transparence sur leur empreinte environnementale, notamment en matière de consommation d'énergie et d'utilisation de l'eau.
Le projet de Microsoft visant à construire un centre de données d'un milliard de dollars au Kenya est au point mort après l'échec des négociations avec le gouvernement kenyan, suite à la demande de l'entreprise d'obtenir des garanties de paiement, selon Bloomberg, qui cite des sources anonymes.
Microsoft et G42, le conglomérat technologique basé à Abou Dhabi, avaient demandé au gouvernement de garantir des achats annuels d'une capacité de calcul fixe. Les négociations ont échoué après que le gouvernement n'a pas été en mesure d'offrir les garanties au niveau exigé par les entreprises, selon Bloomberg. La portée du projet pourrait finalement être revue à la baisse.
John Tanui, secrétaire principal au ministère de l'Information du Kenya, a déclaré à Bloomberg lors d'une interview que le projet était toujours d'actualité et que les discussions n'étaient pas terminées. « L'ampleur du centre de données qu'ils souhaitaient mettre en place nécessite encore une certaine mise au point », a déclaré John Tanui, ajoutant que les besoins en énergie faisaient toujours l'objet de discussions.
Le président kenyan William Ruto a également fait part de ses inquiétudes concernant les besoins énergétiques du projet. « Il faudrait mettre la moitié du pays hors tension pour alimenter le centre de données », a déclaré le président Ruto lors d’un récent événement officiel à Nairobi. Dans un communiqué envoyé par e-mail, Philip Thigo, envoyé spécial du Kenya pour les technologies, a précisé que le président William Ruto souhaitait attirer l’attention sur les défis liés aux infrastructures énergétiques du pays, et non pas annoncer l’abandon du projet.
Selon Bloomberg, un projet de centrale plus modeste, d'une puissance de 60 mégawatts, mené en collaboration avec le promoteur local EcoCloud, est toujours à l'étude.
Issu d'un accord conclu en 2024, le projet prévoyait la création d'un campus alimenté par l'énergie géothermique, avec une puissance initiale d'environ 100 mégawatts et un objectif à long terme d'atteindre 1 gigawatt. La première phase devait être opérationnelle cette année. Le centre de données était présenté comme un moyen d'étendre l'accès au cloud computing dans toute la région et comme un contrepoids à la présence des entreprises technologiques chinoises en Afrique.
William Ruto, président du Kenya
Après que Microsoft eut investi 1,5 milliard de dollars dans G42, le projet au Kenya est devenu la première collaboration entre les deux entreprises. Dans le cadre de cet accord, G42 s'est engagée à mettre fin à ses investissements en Chine et à retirer de ses systèmes tout équipement de fabrication chinoise. Le projet mené au Kenya a également mis en évidence l'ambition de G42 de devenir un fournisseur de premier plan de services cloud IA en dehors de la région du Golfe.
Cet accord s'inscrivait également dans un cadre diplomatique. Lors de l'annonce, Brad Smith, président de Microsoft, a présenté cette initiative comme la preuve d'un renforcement des relations diplomatiques entre les États-Unis et les Émirats arabes unis, la qualifiant d'avancée sans précédent pour l'accès au numérique au Kenya.
Alors que les tensions autour de l’alimentation énergétique du projet kényan de Microsoft illustrent les contraintes physiques des infrastructures d’IA à grande échelle, le débat s'étend désormais aux implications climatiques de l’expansion de l’IA.
Les experts mettent en garde contre l'empreinte environnementale croissante de l'IA générative, dont les systèmes requièrent d'importants volumes d'énergie et d'eau pour leur entraînement et leur exploitation, pouvant potentiellement générer plusieurs tonnes de CO₂ par jour. La chercheuse Sasha Luccioni estime notamment que « l’IA générative accélère la crise climatique », soulignant que son utilisation pour effectuer des recherches en ligne est particulièrement problématique, car ces systèmes consommeraient jusqu’à 30 fois plus d’énergie qu’un moteur de recherche traditionnel.
Sources : William Ruto, président du Kenya ; John Tanui, secrétaire principal au ministère de l'Information du Kenya ; Bloomberg ; Microsoft
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