Après trois ans de matraquage, le taux d'adoption de l'assistant IA Copilot reste inférieur à 4,5 %. Seulement 1 % des utilisateurs s'en servent chaque semaine, mais Microsoft continue d'augmenter les prixMicrosoft peine à convaincre ses clients de souscrire à la version payante de Copilot. Malgré l’intégration massive de l'IA dans ses outils de productivité et de Windows, les données révèlent que moins de 5 % des utilisateurs de Microsoft 365 ont adopté ce service, tandis qu'une infime fraction l'utilise de manière hebdomadaire. Parallèlement à ce faible engagement, Microsoft a imposé des hausses tarifaires, justifiées par l'ajout forcé de fonctionnalités d'IA dont beaucoup de professionnels n'ont pas l'usage. Cette stratégie de ventilation forcée se heurte à la concurrence féroce de rivaux comme Anthropic ou Google, qui gagnent du terrain sur le marché.
Microsoft a récemment annoncé à son équipe Copilot que le produit devait « mériter son existence ». C'est une consigne interne d’une franchise inhabituelle, accompagnée d’un plan visant à fusionner tous les Copilot grand public et d’entreprise en une seule application unifiée d’ici août 2026, à supprimer les fonctionnalités qui n’ont pas réussi à séduire les utilisateurs et à introduire un nouveau niveau payant d’agents IA fonctionnant en arrière-plan.
Ce langage, issu d’une note de service rédigée par le vice-président exécutif Jacob Andreou, constitue un aveu d'échec : même le plus grand distributeur de logiciels de productivité au monde n'est pas parvenu à convertir cette position dominante en utilisateurs payants et engagés pour ses produits d'IA.
D'après des données récentes (via Fortune), moins de 4,5 % des 450 millions de clients professionnels de Microsoft 365 paient actuellement pour les fonctionnalités de Copilot. Parmi ceux qui le font, seuls 20 à 30 % l’utilisent chaque semaine. L’audience hebdomadaire active de Copilot au sein de Microsoft 365 est estimée à environ 1 % de l’ensemble de la base client. Et curieusement, ces utilisateurs viennent d’être frappés par une hausse de prix.
Copilot : un outil jugé superflu dont le prix ne cesse d'augmenter
Gemini et Claude ne cessent de grignoter l’avance que Copilot aurait pu prendre, et Microsoft en est suffisamment conscient pour restructurer discrètement sa gamme Copilot. Face à ce constat d'échec, la direction de Microsoft ne cache pas ses doutes. Il convient de souligner que Copilot Chat, la version gratuite incluse dans certains abonnements Microsoft 365 éligibles, est largement utilisée, car elle ne coûte rien de plus et s’affiche automatiquement.
Il ne s’agit donc pas d’un manque de popularité de l'outil Copilot au sens abstrait du terme. Ce chiffre de 4,5 % correspond aux personnes qui paient un supplément en plus de leur abonnement Microsoft 365 existant pour bénéficier d’une expérience Copilot « plus complète », et il s’agit d’un public bien plus restreint que ne le laisserait croire la campagne de promotion omniprésente de Microsoft. Copilot est subdivisé en plusieurs outils de productivité.
La version gratuite vous donne accès à un chat en ligne, à la génération d’images et à Copilot dans Edge, sans nécessiter un abonnement Microsoft 365. Les utilisateurs professionnels disposant d’un forfait Microsoft 365 éligible bénéficient automatiquement de Copilot Chat, sans frais supplémentaires. Ce service inclut des agents IA facturés à l’utilisation et des contrôles informatiques, mais celui-ci n’accède pas à vos propres données professionnelles.
Seul le module complémentaire payant Microsoft 365 Copilot, avec un abonnement Business Basic, Business Standard, Business Premium ou Enterprise, permet d'accéder à la fonctionnalité Copilot qui analyse vos courriels, vos fichiers et vos réunions via Microsoft Graph, ainsi qu'aux agents Researcher et Analyst.
Tout cela a un coût. Les clients Enterprise paient 30 dollars par utilisateur et par mois en plus de leur licence Microsoft 365 de base, tandis que les entreprises de moins de 300 postes paient environ 21 dollars maintenant que la promotion de Microsoft a pris fin. Si l’on ajoute à cela le forfait Business Standard, dont Microsoft vient de faire passer le prix de 12,50 dollars à 14 dollars, on dépasse largement les 35 dollars par utilisateur et par mois.
Dépendance criante de Microsoft Copilot aux modèles concurrents
Microsoft a passé trois ans à intégrer Copilot dans tous les recoins de Windows 11 et des applications de la suite Office, mais les chiffres d’adoption de cette IA montrent que rien de tout cela n’a pris. Au contraire, les pratiques de Microsoft ont déclenché un tollé, les utilisateurs dénonçant le fait qu'on leur impose un outil qui ne fonctionne pas : « c'est un outil inutile qu'ils nous imposent de force. Copilot échoue même face aux tâches les plus triviales ».
Par ailleurs, le principal atout de l’offre payante est de reconnaître que le modèle de Microsoft ne suffit pas. Le choix du modèle est la seule véritable nouveauté de cette offre payante, et le fait que ce soit la fonctionnalité phare en dit long sur le peu de confiance que Microsoft accorde à ses propres modèles d'IA.
Microsoft a confirmé que les modèles Claude d’Anthropic sont désormais disponibles dans Researcher et Copilot Studio, et que cette disponibilité s’est depuis étendue à Copilot Chat et Copilot dans Excel. Les administrateurs doivent d’abord activer cette option via le centre d’administration de Microsoft 365, et Claude se trouve bien sûr en dehors de l’environnement géré par Microsoft lorsqu’il est en cours d’exécution, mais l’option est bel et bien là.
« C'est assez ironique de dépendre de ses concurrents », a écrit un détracteur. Le seul avantage de Copilot réside dans son intégration profonde au sein des applications que les clients ont déjà ouvertes. Si vous optez pour le niveau supérieur de Microsoft 365 Copilot, vous payez en partie « une licence vous permettant d’utiliser le modèle concurrent au sein d’une interface Microsoft ». Autrement dit, c’est cette interface qui coûte 30 dollars par mois.
Un désaveu massif de Copilot et un problème d'image de marque
Microsoft continue d’imposer Copilot là où personne n’en a demandé, que ce soit dans Office, Paint, l’Explorateur de fichiers ou via une touche matérielle dédiée dont Microsoft a récemment admis qu’elle nuisait à la productivité des utilisateurs. L'entreprise a même dû revenir sur sa décision d’afficher le bouton flottant Copilot dans Excel et Word. « Windows a perdu sa stabilité au profit d'une expérience d'IA totalement ratée », a écrit un critique.
Internet a donné un nom à ce phénomène : « Microslop ». Ce nom, qui fait référence aux contenus médiocres générés par l'IA, s'est tellement ancré que Microsoft a dû réduire la visibilité de la marque Copilot dans ses applications de messagerie au début de cette année. Un ancien vice-président de Microsoft avait déjà chiffré ce phénomène avant que Fortune ne le fasse, affirmant que seuls 3,3 % des utilisateurs de Microsoft 365 payaient pour Copilot.
Aucun des produits Copilot ne séduit. Copilot sur le Web stagne toujours autour de 1 % de part de marché. Du côté des développeurs, GitHub Copilot connaît une situation similaire. Il compte 4,7 millions d’utilisateurs payants, ce qui peut sembler beaucoup jusqu’à ce que l’on remarque qu’il perd du terrain face à Cursor et Claude Code, qui ont tous deux connu une croissance plus rapide au cours de l’année écoulée que la base installée de Copilot.
Le fait que Microsoft augmente les tarifs de Microsoft 365 alors que le taux d'adoption de Copilot reste inférieur à 4,5 % semble indiquer que l'entreprise parie que le regroupement de services populaires avec l'IA réussira là où le marketing a échoué, et tout dépendra de la capacité de la prochaine version de Copilot à donner aux utilisateurs une raison de l'utiliser. Toutefois, plusieurs critiques se disent profondément sceptiques quant à cette prédiction.
Microsoft intègre le modèle de DeepSeek après l'échec de Copilot
Dans la pratique, le constat est sans appel : Copilot ne fonctionne tout simplement pas. L'assistant tant vanté par Microsoft est jugé peu fiable, inefficace et enclin à générer des contenus fictifs. Les utilisateurs se plaignent constamment. En outre, Copilot possède de nombreuses couches de garde-fous jugés lourds qui réécrivent, bloquent ou altèrent les réponses. Copilot serait optimisé pour la facilité d'utilisation générale plutôt que pour la précision.
Microsoft étudierait l’introduction d’une version optimisée de DeepSeek V4 ou d’autres modèles open source pour Copilot Cowork. Si l’adoption de DeepSeek est confirmée, la version équipée de DeepSeek devrait être proposée comme une option que les clients pourront sélectionner, à un prix inférieur à celui des versions utilisant ChatGPT ou Claude. Microsoft prévoit de lancer bientôt une version de l'assistant Cowork intégrant une IA open source.
Charles Lamanna, vice-président de la division Copilot, Agents and Platform chez Microsoft, a déclaré : « nos tests nous ont amenés à conclure qu’il était impossible de proposer Copilot Cowork en utilisation illimitée. Certains utilisateurs traitent des centaines de tâches par semaine. C’est une productivité vraiment impressionnante, mais cela peut entraîner des coûts très élevés ». Il va donc passer d’un forfait à un système basé sur la consommation.
Ce changement de cap est particulièrement ironique, car en avril 2026, Microsoft avait cofondé le "Frontier Model Forum" aux côtés d'OpenAI, Anthropic et Google, dans le but explicite de lutter contre les pratiques d'extraction de données et d'imitation par des entités chinoises. Il démontre aussi que le modèle américain d'innovation dans le secteur de l'IA induit des coûts insoutenables pour les entreprises, rendant la rentabilité presque impossible.
Défaillances techniques et sécuritaires répétées de Microsoft Copilot
Malgré des investissements colossaux, Copilot s'est ajouté à listes des nombreux échecs spectaculaires récents de Microsoft. En Australie, par exemple, l'adoption de Copilot a considérablement ralenti au cours des deux dernières années, les entreprises et les consommateurs fuyant ce qu'ils considèrent comme « une intrusion toxique sur leurs bureaux informatiques », couplée à une automatisation envahissante et des pannes mondiales paralysantes.
En juin 2026, deux défaillances majeures ont gravement pénalisé les utilisateurs australiens, notamment une panne d'authentification mondiale de cinq heures gelant les opérations critiques sur Microsoft 365 et Windows, suivie d'un effondrement multiplateforme de Copilot. L'insistance de Microsoft exaspère tout le monde. Et au-delà de l'instabilité technique, Copilot représente une menace croissante pour la sécurité et la confidentialité des données.
Le logiciel fonctionne avec des protocoles excessivement permissifs qui héritent de tous les droits d'accès de l'utilisateur connecté. Des chercheurs ont mis en évidence des failles sophistiquées permettant à des attaquants de manipuler Copilot pour qu'il scanne les courriels d'un dirigeant à son insu, encode les données extraites de manière invisible, puis les exfiltre silencieusement vers un serveur de commande externe à travers un lien déguisé.
Il y a quelques jours, les chercheurs en cybersécurité de Varonis Threat Labs ont découvert une faille critique dans Microsoft 365 Copilot Enterprise, référencée sous le numéro CVE-2026-42824 et baptisée « SearchLeak ». Elle permet aux pirates de dérober des données d'entreprise sensibles en un seul clic.
Cette chaîne d'exploitation cible Copilot Enterprise Search en combinant une injection de prompts, une condition de concurrence lors du rendu HTML et une falsification de requête côté serveur (SSRF) via le moteur de recherche Bing, permettant ainsi un accès non autorisé aux e-mails, aux codes d'authentification multifactorielle (MFA), aux agendas et aux fichiers confidentiels des victimes. Microsoft a corrigé la vulnérabilité SearchLeak côté serveur.
Et vous ?
Quel est votre avis sur le sujet ?
Que pensez-vous de l'échec cuisant de Copilot malgré l'insistance de Microsoft ?
Selon vous, la restructuration peut-elle inverser la tendance et faire de Copilot un logiciel utile ?
Pourquoi Microsoft continue d'imposer Copilot malgré le rejet des clients ? Que pensez-vous de l'augmentation des prix ?Voir aussi
Microsoft impose son assistant d'IA Copilot aux utilisateurs de sa suite Microsoft 365 et les oblige à payer l'accès, les utilisateurs sont frustrés et réclament des mesures contre l'entreprise
Copilot se transforme en désastre pour Microsoft : Microsoft brandit la menace judiciaire face à l'accord Amazon-OpenAI à 50 milliards pendant qu'OpenAI pousse les limites de leur exclusivité cloud
Après l'échec de Copilot en raison de défaillances techniques et sécuritaires, Microsoft veut désormais que les utilisateurs adoptent l'IA chinoise DeepSeek, une initiative largement controversée
Vous avez lu gratuitement 14 128 articles depuis plus d'un an.
Soutenez le club developpez.com en souscrivant un abonnement pour que nous puissions continuer à vous proposer des publications.
Soutenez le club developpez.com en souscrivant un abonnement pour que nous puissions continuer à vous proposer des publications.